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Gaz de schiste: non, les deux enfants ne seront pas réduits au silence, assure la compagnie de forage

Anaïs Bordages, mis à jour le 07.08.2013 à 10 h 33

Deux enfants contraints à vie de ne pas parler de gaz de schiste? La médiatisation de l'affaire a apparemment fait avancer le dossier.

Un site de fracturation hydraulique en Pologne. REUTERS/Peter Andrews

Un site de fracturation hydraulique en Pologne. REUTERS/Peter Andrews

On vous en parlait mardi: ce qui avait commencé comme une décision juridique ordinaire en 2011, réglant le conflit entre une compagnie de forage, Range Resources, et une famille américaine de Mount Pleasant, en Pennsylvanie, victime de ses activités, s'est rapidement transformé, en quelques jours, en une toute autre affaire. A l’issue d’un arrangement amiable, la famille Hallowich, qui se plaignait de la pollution occasionnée par l'entreprise, avait reçu 750.000 dollars d’indemnités en échange de son silence: elle ne devait plus jamais parler de la compagnie de forage en question, ni, de façon plus générale, de fracturation hydraulique.

Dans un premier temps, cette obligation de silence à vie concernait également les enfants, âgés de 7 ans et 10 ans. Une décision qui avait choqué les parents, l’avocat de la famille Hallowich, et même le juge. Puis, la retranscription de l'audience «in camera», c'est-à-dire justement sans caméra ni public, avait été publiée, et les médias comme les juristes se sont emparés de l’affaire, poussant l’entreprise de forage à revenir sur sa décision, raconte MSN News.

Matt Pitzarella, le porte-parole de Range Resources, avait déjà déclaré il y a quelques jours au Post Gazette que selon lui, la décision ne s’appliquait pas aux enfants. Cette marche arrière de dernière minute avait été accueillie avec soulagement par l’avocat de la famille Hallowich, même si selon lui, il restait à officialiser la décision:

«J'apprends qu'ils viennent de décharger les enfants de cette obligation, et j'apprécierais qu'ils mettent ça par écrit. Ce serait un beau geste.»

Ce mercredi matin, après avoir été interrogé par Marc Préel, journaliste de l’AFP spécialiste notamment des questions d'énergie, le porte-parole de Range Resources a donc confirmé avoir envoyé une lettre pour clarifier la position de l’entreprise: 

«L’obligation de silence ne s’est jamais appliquée aux enfants, et dès que nous avons eu vent de cette histoire, nous avons envoyé une lettre pour faire cette clarification»

L’avocat de la famille, Peter Villari, déclare pourtant ne pas être dupe:

«C’est peut-être leur position aujourd’hui, à cause des réactions dans la presse. Mais ce n’était pas leur position face au juge au moment de l’audition, telle qu’elle fut clairement stipulée par leur avocat M. Setz.»

Anaïs Bordages
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