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Les rescapés de la Shoah vivent plus longtemps

Florian Reynaud, mis à jour le 06.08.2013 à 19 h 35

L'entrée de Auschwitz-Birkenau en juin 2013. REUTERS/Peter Andrews

L'entrée de Auschwitz-Birkenau en juin 2013. REUTERS/Peter Andrews

C'est un fait intriguant. Le Daily Intelligencer (New York Magazine) a rapporté le lundi 5 août une étude selon laquelle les rescapés de la Shoah vivent plus vieux que des personnes qui n'auraient pas subi le traumatisme de l'Holocauste. Le site Digg signale l'histoire en rajoutant cette phrase, qui met mal à l'aise: «Ce qui ne te tue pas te rends plus fort.»

«Les auteurs ont observé plus de 55.000 immigrants polonais, soit approximativement trois quarts de ceux partis en Israël entre 1945 et 1950 (directement après l’Holocauste, en d'autres mots), et environ un quart de ceux venus en Israël avant 1939.»

Publiée sur le portail de la Public Library Of Science (PLOS ONE), la recherche –menée par deux chercheurs israéliens, Abraham Sagi-Schwartz et Shai Linn, conjointement avec Rien van IJzendoorn et Marian Bakermans-Kranenburg, professeurs à l'université de Leiden, aux Pays-Bas– montre que l'espérance de vie moyenne des survivants est supérieure de 6,5 mois par rapport aux non-survivants. Pour les hommes qui étaient âgés de 10 ans à 15 ans pendant qu'ils étaient dans les camps, la différence est de 10 mois, et de 18 mois pour les hommes alors âgés de 16 ans à 20 ans. Pour les femmes en revanche, le fait d'avoir vécu ou non des camps de concentration n'influencerait pas l'espérance de vie. Les raisons sont difficiles à déterminer.

Deux explications sont avancées: d'un côté la théorie de la «croissance post-traumatique» et de l'autre la possibilité que les rescapés le soient parce qu'ils étaient assez résistants et «forts».

«Cela pourrait être considéré comme une illustration de la théorie surnommée croissance post-traumatique et observée, par exemple, chez les soldats ayant vécu un traumatisme au combat mais trouvant après un plus grand sens et une plus grande satisfaction dans leurs vies à la suite de cette expérience […].»

La deuxième explication est assez retorse. Pour l'un des chercheurs, interviewé par le New York Magazine, elle reviendrait notamment à dire que l'extermination s'est faite de manière sélective, et que les «faibles» seraient morts en premier, ce qu'il réfute totalement. 

Selon certaines estimations (publiées l'an dernier par la Fondation pour le bien-être des rescapés de la Shoah), le nombre de survivants s'amenuise.

«Parmi ceux en Israël qui honorent la mémoire des disparus, figurent 198.000 survivants de la Shoah. L’an dernier, 13.000 d’entre eux sont décédés. Le nombre de survivants devrait chuter de 30% d’ici 2015 (soit 145.000 personnes environ) pour diminuer jusqu’à 48.000 en 2025. Chaque jour, 35 d’entre eux meurent en moyenne, soit plus d’un par heure.»

Florian Reynaud
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