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«Touche pas à ma saucisse!»: les libéraux-démocrates allemands s'opposent à la journée végétarienne voulue par les Verts

Margaux Leridon, mis à jour le 06.08.2013 à 17 h 43

Wurst!, 2007, Kai Schreiber via FlickrCC Licence by

Wurst!, 2007, Kai Schreiber via FlickrCC Licence by

Le 22 septembre, les Allemands voteront pour élire leurs représentants au Bundestag. Depuis leur entrée en avril dans la bataille électorale qui précède ce scrutin, les Verts menaient une campagne sans vague. Mais lundi, la révélation dans le tabloïd Bild d’un projet visant à instituer une journée végétarienne hebdomadaire dans la restauration collective (cantines d'entreprise, écoles...) a suscité l’indignation générale, rapporte le Spiegel dans sa version anglophone.

Pour Renate Künast, à la tête du groupe écologiste au Parlement, qui a expliqué la proposition à Bild, il s’agit d’un moyen de montrer aux Allemands qu’un repas sans viande peut être un vrai repas. Une initiative perçue très favorablement par l’Association allemande pour la protection de l’environnement et de la nature (BUND), mais pas pour autant appréciée par l’ensemble de la population.

«A voir les réactions, on pourrait presque croire qu’elle propose tout à la fois d’introduire des limitations de vitesse sur l’autoroute, d’interdire la bière et d’éliminer l’Oktoberfest», peut-on lire sur le Spiegel.

Parmi ces réactions outrées, on notera celle des jeunes militants du Parti libéral-démocrate (FDP), qui ont improvisé un barbecue devant le siège du Parti vert. Sur des pancartes préparées à la va-vite, on pouvait lire des slogans tels que «Touche pas à ma saucisse». 

Pour Rainer Brüderle, un des chefs de file du FPD, chacun est assez grand pour savoir ce qu’il doit manger, et vouloir intervenir sur ce point constitue une atteinte aux libertés individuelles. Un porte-parole de la ministre de l’Agriculture a affirmé qu’à la fin de la journée, on avait besoin d’un repas équilibré, et que la viande en faisait partie.

Les Verts se sont empressés de signaler qu’il ne s’agissait que d’un moyen d’encourager les Allemands à manger moins de viande, et qu’ils n’avaient évidemment pas l’intention d’en interdire la consommation.

D’ailleurs, cette mesure ne sort pas de nulle part: comme l’explique The Local, un site d’information anglophone consacré à l’Allemagne, une telle politique est déjà mise en place dans plusieurs villes. A Brême par exemple, dans les cantines des entreprises, des écoles et des crèches, le jeudi est un jour végétarien. A Stuttgart en revanche, un projet similaire a finalement été abandonné, ayant fait l’objet d’une opposition massive.

Margaux Leridon
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