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Nos océans vont-ils bouillir à cause de l'effet de serre?

Margaux Leridon, mis à jour le 02.08.2013 à 17 h 37

Oceans apart, 2008, Ryan Sims via FlickrCC licence by

Oceans apart, 2008, Ryan Sims via FlickrCC licence by

Comme on vous l’expliquait sur Slate en avril 2013, les océans se réchauffent. Depuis 1900, la température moyenne de certains d’entre eux a augmenté de 2%.

Or l’augmentation de la température de l’eau, provoquée par l’effet de serre, conduit l'eau à s'évaporer plus vite. Et la vapeur d’eau produit elle-même de l’effet de serre, créant une boucle de rétroaction positive.

Pour James Hansen, à la tête du Goddard Institute for Space Studies de la Nasa et professeur à Columbia University, cette boucle pourrait conduire à un emballement de l’effet de serre similaire à celui observé sur Vénus. Dans ce scénario du pire, le dioxyde de carbone deviendrait majoritaire dans l’atmosphère terrestre (sur Vénus, il en occupe 96,5%, provoquant une température ambiante de plus de 470°C), les océans finiraient par bouillir et disparaître, et la terre deviendrait stérile.

Il faut cependant rappeler que la Terre est bien plus éloignée du Soleil que Vénus, et que le taux de CO2 dans notre atmosphère n’est pour l’instant «que» de 400 parties par million. Comme l’explique le National Géographic, la théorie de Hansen n’a pas fait l’unanimité parmi les chercheurs. En effet, il y a 56 millions d’années, un très important pic naturel de CO2 avait entraîné un réchauffement considérable de la planète, mais la vie s’était maintenue et les océans étaient restés intacts. Pour Raymond Pierrehumbert, de l’université de Chicago, si un emballement de l’effet de serre était envisageable sur Terre, c’est à ce moment là qu’il se serait produit.

En 2012, Colin Goldblatt, chercheur à l’Université de Victoria en Colombie britannique, affirmait lui aussi qu’un scénario à la Vénus était difficilement envisageable pour la Terre. Mais il a réalisé en 2013 une nouvelle étude, publiée dans Nature Geoscience, qui le conduit cette fois à des conclusions contraires.

Finalement, un emballement de l’effet de serre pourrait se déclencher beaucoup plus vite qu’on ne le croit sur notre planète, a-t-il expliqué au National Géographic. En effet, ses recherches ont montré que les molécules d’eau absorbent beaucoup plus de radiations que ce que l’on croyait jusqu’alors, ce qui pourrait amener la température des océans à augmenter plus vite que prévu.

La bonne nouvelle, rapporte néanmoins io9, c’est que selon l’étude de Colin Goldblatt, l’activité humaine ne risque pas d’accélérer le processus, qui est d'abord naturel: pour cela, il faudrait que l’on brûle une quantité d’énergie fossile dix fois supérieure aux ressources de la planète.

Margaux Leridon
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