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Des emplois et des femmes: la vie d'homme libre d'Edward Snowden

Cécile Dehesdin, mis à jour le 02.08.2013 à 10 h 50

REUTERS/Bobby Yip

REUTERS/Bobby Yip

Alors, Edward, ça fait quoi de sortir dans la rue tranquille après un mois passé dans une zone de transit d'aéroport?

Le premier jour d'homme libre de ses mouvements d'Edward Snowden –le tireur d'alarme américain sur les programmes de surveillance du gouvernement Obama, coincé à l'aéroport de Moscou parce que les autorités américaines avaient révoqué son passeport et qu'il n'avait pas de visa russe ni d'asile jusqu'à ce jeudi 1er août– s'est plutôt bien passé, d'après un de ses avocats.

Anatoly Kucherena, sénateur russe auto-proclammé avocat de Snowden, a pu lui annoncer ce jeudi que le gouvernement russe lui octroyait l'asile pour un an. Edward Snowden et Sarah Harrison, la juriste de WikiLeaks qui le soutient et l'avait aidé à organiser une rencontre avec des journalistes et des militants des droits de l'homme à l'aéroport, ont pris un taxi tout ce qu'il y a de plus normal et sont partis de l'aéroport vers Moscou.

Anatoly Kucherena n'a pas voulu dire où ils se rendaient, pour des raisons de sécurité, mais a expliqué qu'on lui envoyait «beaucoup de propositions d'emploi» pour Snowden. «Des offres de journalistes pour travailler ensemble, ce genre de choses. Je les lui transmets, il décidera lui-même.» Il a également reçu une proposition de VKontakte, une sorte de Facebook russe, pour faire partie de son «équipe de pros de la sécurité».

Edward Snowden ne reçoit pas que des propositions professionnelles: son avocat a dit à Russia Today que des «filles russes» l'appelaient, mais qu'il pensait toujours à sa petite-amie:

«Quand je lui ai parlé des gens qui l'appelaient, y compris des filles, des filles russes, il m'a dit: "Anatoly, ma copine me manque toujours".»

D'après l'avocat sénateur, la vie de Snowden à l'aéroport n'a pas été facile:

«Les conditions dans lesquelles il vivait ressemblaient à celles d'une assignation à domicile. Mais non seulement vous ne vivez pas dans ce qui ressemble à un chez-soi, mais en plus imaginez entendre les annonces au haut-parleur toute la journée, qui disent "Chers passagers, le vol en provenance de New York a atterri". Le vol en provenance de Washington. Le vol en provenance de Rome. Vous entendez ça en permanence. Imaginez.»

Edward Snowden a payé l'hôtel de la zone de transit avec ses économies, et commence à être à sec, a expliqué Anatoly Kucherena à The New Republic. D'après le journaliste cependant, la vie moscovite d'Edward Snowden ne sera pas nécessairement de tout repos non plus:

«Snowden vivra probablement dans un appartement rempli de micros, comme tous mes amis américains et britanniques qui vivent à Moscou peuvent vous le dire. Ils vous diraient aussi la façon dont les services de sécurité russes rendent régulièrement visite à votre appartement, généralement quand vous n'êtes pas là, et laissent des indices clairs qu'ils sont passés par là: des tapis en moins, des emails ouverts, une échelle dans la chambre, un flingue sur votre paillasson. Ce n'est peut-être pas aussi pénible que des annonces au haut-parleur d'un monde qui vous est fermé, mais ça arrive en deuxième position, vous pouvez me croire.»

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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