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Irak, Libye, Pakistan: 3 évasions massives en une semaine, un complot islamiste?

Margaux Leridon, mis à jour le 01.08.2013 à 12 h 20

Entrainement des talibans, capture vidéo fournie par des talibans pakistanais, vidéo non datée. REUTERS

Entrainement des talibans, capture vidéo fournie par des talibans pakistanais, vidéo non datée. REUTERS

En précisément une semaine, du mardi 23 au mardi 30 juillet, trois évasions massives de prisonniers ont eu lieu en Irak, en Libye et au Pakistan

Le Los Angles Times rapproche ces trois évènements, considérant qu’ils ont conduit à la libération d’une «potentielle armée d’extrémistes», et s’interroge sur leur possible coordination. De fait, les attaques des prisons irakienne et pakistanaise qui ont permis les évasions ont été revendiquées respectivement par al-Qaida et des talibans.

Il semble moins évident d’y associer le cas libyen: comme l’explique l’AFP, l’évasion a eu lieu à la suite d’une émeute, lancée selon le Premier ministre libyen par des résidents du voisinage qui ne voulaient pas d’une prison à proximité de leurs habitations. Ces événements se sont déclenchés dans un contexte de tensions internes, exacerbées par l’assassinat d’un militant anti-islamiste. L’annonce de sa mort a fait descendre dans la rue des milliers de manifestants. Les fugitifs évadés de la prison seraient essentiellement des prisonniers de droit commun, accompagnés de quelques anciens alliés de Kadhafi. Rien ne prouve donc qu’il s’agisse d’extrémistes religieux.

Les experts du contre-terrorisme mentionnés par le Los Angeles Times sont d’ailleurs peu enclins à voir dans ces trois évènements le signe d’une renaissance de la structure centralisée que n’est plus al-Qaida depuis le 11 septembre. La mort d’Oussama Ben Laden en 2011 avait considérablement réduit les risques de voir le groupe se réorganiser autour d’un exécutif unique.

Sur son blog, Daniel Drezner, professeur de politique internationale à Tufts University, rappelle que trois événements similaires révèlent une «tendance». En l’occurrence, s’il y a une tendance à relever, ce serait surtout celle d’un échec de ces pays instables à assurer leur sécurité intérieure.

L’hypothèse du complot terroriste découle essentiellement de la crainte de voir se reproduire le scénario de 2006. À l’époque, l’évasion au Yémen de membres présumés d’al-Qaida avait, selon le Los Angeles Times, permis la formation d’al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA). C’est cette filiale qui avait organisé la tentative d’attentat du Nigérien Omar Farouk Abdulmutallab, le 24 décembre 2009, dans un avion reliant Amsterdam à Détroit.  

Alors, malgré les propos des experts qui, à l’instar du politologue Stephen Biddle, affirment que l’hypothèse d’une stratégie intégrée dirigée contre les Etats-Unis est très peu probable, des inquiétudes persistent. 

Margaux Leridon
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