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Des extrémistes russes utilisent les réseaux sociaux pour attaquer les jeunes LGBT

Margaux Leridon, mis à jour le 26.07.2013 à 18 h 05

L'ultranationaliste Maxim Martsinkevich à télévision russe, 2012, DenTVinform via Wikimedia Commons Licence by

L'ultranationaliste Maxim Martsinkevich à télévision russe, 2012, DenTVinform via Wikimedia Commons Licence by

Quelques semaines après l’adoption par la Douma russe, le 11 juin 2013, d’une loi sanctionnant le «prosélytisme» en faveur des «relations sexuelles non traditionnelles», l’ONG Spectrum Human Rights Alliance, qui lutte contre la violence et la discrimination à l’égard des LGBT en Europe de l’Est, rapporte que des jeunes homosexuels auraient été publiquement torturés par les membres de groupes d’extrême droite en Russie.

C’est sur le réseau social russe Vkontakte.ru que le militant ultranationaliste Maxim Martsinkevich aurait organisé une «campagne de harcèlement et de violences», d’après le site Yagg. Martsinkevich a été libéré en 2010 après trois ans de prison, pour incitation à la haine raciale et violence. Ancien chef du groupuscule néo-nazi Format18 (1 pour A, la première lettre de l’alphabet, et 8 pour H, A.H. correspondant aux initiales d’Adolf Hitler), connu pour ses vidéos anti-immigrés et anti-sans-abris, il serait à l’origine de «pièges» à l’intention de jeunes gays russes. Ceux-ci auraient été contactés, via les réseaux sociaux, par des extrémistes se faisant passer pour d’autres gays, et leur proposant des rendez-vous. Une fois sur place, les jeunes subissent un «interrogatoire» filmé, où on les oblige à révéler leur identité ainsi que celle de leurs parents, le nom de leur école et leur homosexualité. Les vidéos sont ensuite diffusées sur Internet.

D’après Yagg, plusieurs vidéos auraient déjà été supprimées, notamment une vidéo montrant un homme de 21 ans agressé dans un cimetière par trois extrémistes armés d’une hache et d’une pelle. Une ambigüité nait du fait que Youtube interdit l’usage de «tout contenu qui incite à la violence ou à la haine contre des individus ou des groupes»: entrant parfaitement dans cette catégorie, il n’y a rien d’étonnant à ce que les vidéos soient supprimées, mais leur suppression empêche de provoquer la prise de conscience que les défenseurs des droits de l’homme revendiquent.

Dans une autre vidéo, remise en ligne par le fondateur de Spectrum Human Rights Alliance Larry Poltavsev, mais malheureusement pas encore sous-titrée, on peut voir l’«interrogatoire» d’un garçon de 15 ans, qui avait répondu à l’annonce d’un homme plus âgé qui lui avait promis de le payer pour une relation sexuelle. Il termine battu et aspergé d’urine. Même sans comprendre le dialogue, le malaise de la victime est manifeste dès les premières secondes de la vidéo. Comme on peut le constater, la scène se déroule à l’extérieur, et en plein jour.  

Margaux Leridon
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