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«Tard mais pas trop tard»: la chasse aux anciens nazis est réouverte

Annabelle Georgen, mis à jour le 24.07.2013 à 9 h 51

«Tard mais pas trop tard» pour dénoncer les nazis en Allemagne: campagne d'affichage à Berlin, juillet 2013 © Annelise Berthiau

«Tard mais pas trop tard» pour dénoncer les nazis en Allemagne: campagne d'affichage à Berlin, juillet 2013 © Annelise Berthiau

Le temps est compté. Selon l'historien israélien Efraim Zuroff, un des chasseurs de nazis les plus persévérants, il ne reste «peut-être que deux, trois ans» pour retrouver les derniers criminels nazis qui n'ont jamais été arrêtés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, rapporte le quotidien berlinois Die Tageszeitung. C'est pourquoi il vient de lancer une nouvelle campagne pour retrouver la trace des criminels nazis impunis qui sont toujours en vie.

Intitulée «Opération Last Chance II», cette campagne d'affichage a pour slogan Spät Aber Nicht Zu Spät» (tard mais pas trop tard). 2.000 affiches ont été placardées dans les rues de Berlin, Hambourg et Cologne. La campagne promet une récompense de 25.000 euros à celui ou celle qui apportera des preuves permettant de poursuivre en justice et de condamner un criminel nazi. Comme l'explique le quotidien Der Tagesspiegel, cette récompense est délivrée en fonction du succès de la procédure: la personne qui apporte une preuve reçoit d'abord 5.000 euros puis à nouveau 5.000 euros après la condamnation du criminel resté jusque-là impuni. Elle se voit ensuite remettre 100 euros par jour durant les 150 premiers jours que le condamné passe derrière les barreaux.

Cet appel à témoins est le deuxième lancé par le Centre Simon-Wiesenthal, une ONG spécialisée dans la lutte contre l'antisémitisme que dirige Efraim Zuroff. Malgré la récompense promise, la campagne lancée en 2011 n'avait pas porté ses fruits, comme le rappelle Der Tagesspiegel:

«27 preuves en tout venaient d'Allemagne. Après avoir vérifié les informations, le Centre Wiesenthal a remis un unique cas au ministère public, mais celui a abandonné la procédure.»

Le Centre Simon-Wiesenthal a pourtant permis ces dernières années de retrouver plusieurs criminels nazis qui vivaient cachés depuis plusieurs décennies, rappelle Die Tageszeitung, qui cite l'exemple de László Csatáry, 98 ans, qui sera jugé en septembre prochain par la justice hongroise. Cet ancien chef de la police de Košice, une ville située en Hongrie à l'époque d'Hitler, est accusé d'être coresponsable de la déportation de 15.700 juifs. L'homme a vécu pendant plus d'un demi-siècle sous une fausse identité, d'abord au Canada, avant de retourner en Hongrie. Ce sont les recherches menées par le Centre Simon-Wiesenthal qui ont conduit à son arrestation, comme l'explique Efraim Zuroff:

«La découverte de László Csatáry et son inculpation sont une victoire à 100% de l'opération Last Chance.»

Même si plus le temps passe, moins il reste de criminels nazis impunis encore en vie, leur nombre est estimé à plusieurs centaines. D'après le Service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes, situé à Ludwigsbourg, pas moins d'une cinquantaine d'anciens gardiens du camp de concentration d'Auschwitz jamais jugés pour leurs actes vivent par exemple sur le territoire allemand.

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
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