Culture / Monde

Charles Manson, adepte de la méthode Carnegie de développement personnel?

Temps de lecture : 2 min

Charles Manson en 2011, California Department of Corrections and Rehabilitation via Wikimedia Commons

Dans Manson: The Life and Times of Charles Manson, une nouvelle biographie consacrée au criminel américain, Jeff Guinn évoque l’influence des formations de Dale Carnegie sur l’assassin mythique. Ces cours de développement personnel très reconnus aux Etats-Unis, qui se fondent sur la méthode exposée par Dale Carnegie dans son best-seller Comment se faire des amis? (le titre original, «How to Win Friends and Influence People» est encore plus explicite), peuvent se vanter d’avoir formé un certain nombres d’élèves prestigieux, en particulier l’homme d’affaires Warren Buffett.

Faudra-t-il ajouter Charles Manson à cette liste? Pour le biographe, cité par Businessweek, cela ne fait aucun doute: c’est la méthode Carnegie qui a fait de ce «maquereau de seconde zone» le sociopathe manipulateur, méthodique et efficace qu’il est devenu.

C’est lors de l’une de ces premières incarcérations, en 1957, pour vol de voiture, qu’il aurait bénéficié des fameux cours de développement personnel. Tous les crimes de Charles Manson reposant sur l’influence qu’il a réussi à avoir sur la «Famille», sorte de secte dont il envoyait les membres commettre des assassinats, l’hypothèse d’une application des méthodes de conviction et d’influence développées par Dale Carnegie est séduisante.

En effet, ceux qui l’ont connu soulignent tous son talent pour la manipulation. Patricia Krenwinkel et Leslie Van Houten, anciennes de la «Famille», aujourd’hui incarcérées, affirment en particulier que Manson maîtrisait parfaitement la technique du chapitre VII de l’ouvrage de Carnegie, sur la manière d’obtenir la coopération des autres, qui recommande de leur faire croire que l’idée qu’on leur impose est la leur. Selon elles, il prenait en effet soin de faire passer chaque meurtre pour une décision de la «Famille» toute entière.

Jackie Kellso, qui s’occupe des formations Carnegie à New York, explique dans des propos rapportés par Businessweek qu’il s’agit d’une technique très complexe et totalement contre-intuitive: il n’est pas naturel de laisser un tiers s’attribuer la paternité de nos idées. Mais, selon elle, «c’est fondamental pour être un bon meneur».

Contacté par Businessweek, l’entreprise de formation Dale Carnegie a affirmé ne pas travailler en prison. Néanmoins, le New York City Department of Corrections, en charge de l’activité pénitentiaire de New York, figure sur la liste de clients consultable sur son site Internet.

Margaux Leridon

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