La criminalité continue de baisser dans les pays riches malgré la crise

Un homme teste un pistolet de la marque autrichienne Glock dans un magasin de Phoenix dans l'Arizona, le 20 décembre 2012. REUTERS/Ralph D. Freso

Un homme teste un pistolet de la marque autrichienne Glock dans un magasin de Phoenix dans l'Arizona, le 20 décembre 2012. REUTERS/Ralph D. Freso

Que vous soyez spécialiste de la question ou pas, vous avez sans doute déjà entendu cette théorie: quand les temps sont durs, la criminalité augmente. Pourtant, malgré une croissance économique stagnante et un chômage élevé, la criminalité a baissé dans la plupart des pays riches au cours de la dernière décennie.

L’hebdomadaire britannique The Economist s’est intéressé dans un long article à cette tendance plutôt contre-intuitive qui a commencé en 1991 aux Etats-Unis, autour de 1995 en Grande-Bretagne et en 2001 en France pour les atteintes aux biens.

Comment expliquer cette tendance générale qu’un rapide coup d’œil aux statistiques des Nations unies suffit à vérifier? Si la démographie est sans doute un facteur (la population vieillit, alors que ce sont les hommes de 16 ans à 24 ans qui commettent la plupart des crimes), The Economiste souligne qu’elle ne peut pas expliquer à elle seule la baisse spectaculaire d’un certain type de criminalité dans des villes comme New York, Los Angeles ou Londres.

D’autres hypothèses, comme l’augmentation du nombre de prisonniers, sont difficiles à prouver: si la population carcérale a doublé en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis, elle a diminués au Canada et aux Pays-Bas, pays qui ont aussi connu une baisse de la criminalité.

Le blog de «factchecking» de la chaîne britannique Channel 4 s’est également posé la question, alors que les autorités viennent d’annoncer une nouvelle baisse de la criminalité malgré des réductions budgétaires significatives, et rappelle que «la plupart des experts concluent que les causes du crime sont si complexes que les changements économiques seuls ne l’emportent pas forcément sur d’autres facteurs».

Le Guardian expliquait quand à lui en avril dernier que certains autres éléments concrets, comme de meilleurs antivols sur les voitures ou des portes et serrures plus résistantes rendaient les atteintes aux biens plus difficiles aujourd’hui. La technologie, qu’il s’agisse des tests d’ADN, de la localisation par téléphone portable ou des caméras de surveillance, a augmenté le risque de se faire prendre.

Selon The Economist, l’explication la plus convaincante est plus simple encore. La police fait mieux son travail: 

«Une combinaison du fait que les policiers parlent aux habitants des quartiers où ils travaillent et du ciblage intensif des endroits mal famés a transformé la manière dont les rues sont protégées.»

Si le poids de chaque facteur reste impossible à déterminer, la majorité des experts semblent aujourd’hui s’accorder sur un point: l’augmentation de la criminalité qui a eu lieu un peu partout entre les années 1950 et les années 1980 ressemble de plus en plus à une anomalie de l’histoire.

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