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Mexique: 98% des crimes non résolus

Florian Reynaud, mis à jour le 19.07.2013 à 17 h 36

- Présentation à la presse de suspects narcotrafiquants devant leurs armes, à Mexico/Reuters/Jorge Lopez -

- Présentation à la presse de suspects narcotrafiquants devant leurs armes, à Mexico/Reuters/Jorge Lopez -

Le Mexique est un pays meurtri par la guerre des cartels et une police et des médias bien souvent impuissants. L'un des pays les plus dangereux pour les journalistes, ou les mots même de «crime organisé» et «narcotrafic» ont été bannis. Et ce même si Z-40, aka Miguel Angel Treviño, chef du brutal gang des Zetas a été arrêté le lundi 15 juillet.

Selon Quartz, un récent rapport pointe un chiffre effrayant. Environ 98% des meurtres commis en 2012 n'ont pas été élucidés ou leurs auteurs n'ont pas été arrêtés. En tout, 27.700 homicides ont été commis en 2012 au Mexique. Quartz souligne que c'est «plus de deux fois le nombre de meurtres en Chine» sur la même période.

«Mais le fait le plus alarmant à propos des homicides qui ont eu lieu au Mexique l'an dernier est qu'un nombre dérisoire, 523, ont abouti à une condamnation, à en croire un récent rapport du bureau statistique central du Mexique (INEGI). Cela signifie que 98% des 27.500 [erreur de Quartz, il s'agit de 27.700] meurtres commis au Mexique l'an dernier restent non élucidés.»

En comparaison, en France, un rapport publié en 2010 indiquait un taux d'élucidation des homicides de 87%. Le jeudi 17 juillet, le site d'information mexicain Animal Politico a publié une infographie qui détaille ces statistiques glaçantes.

«Selon les "documents administratifs" sur 2012, publiés par l'agence officielle sur son site web, les autorités ont réussi à capturer 3.677 auteurs présumés de 4.492 cas "d'homicide", "homicide familial", ou encore "féminicide" volontaires l'an dernier. Ces cas représentant 16% des homicides commis, les auteurs de 84% des meurtres perpétrés l'an dernier sont encore en fuite, soit parce que leur identité est ignorée par la police, soit parce qu'il s'agit de réfugiés.»

Au delà des histoires parfois toutes plus incroyables les unes que les autres, la criminalité est bien l'un des plus grands problèmes de fond du Mexique. En 2011, Moisés Naím parlait sur Slate.fr d'un «État en déliquescence.» Un pays qui vit également des élections placées sous le signe de la violence, comme les scrutins locaux qui se sont tenus dimanche 7 juillet, qui ont vu, selon le New York Times, six candidats mourir depuis février. Enfin, l'État mexicain est frappé par la corruption, et ceux qui la refusent, notamment dans la police, le payent cher

Florian Reynaud
Florian Reynaud (87 articles)
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