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Vous ne mangerez pas au Hitler Fried Chicken

Temps de lecture : 2 min

KFC / Marufish via FlickrCC License by
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En mai dernier, le tweet interloqué d'un journaliste britannique avait révélé l'existence, en Thaïlande, du Hitler Fried Chicken.

(Cette photo n'est pas d'Andrew Spooner, il l'a juste reprise pour la tweeter, spécifie-t-il ce 9 juillet sur Twitter.)

Ce restaurant spécialisé dans le poulet frit reprenait le logo de la célèbre enseigne américaine Kentucky Fried Chicken, en remplaçant le portrait stylisé du fameux Colonel Sanders par celui d’Adolf Hitler. Maintes fois retweetée, la photo avait provoqué une certaine émotion.

Alan Robertson, un expatrié britannique interrogé par le Daily Mail, racontait avoir mangé sur place («assez bon», affirmait-il) et demandé à un vendeur pourquoi ce nom avait été choisi:

«Il a juste haussé les épaules et dit que le propriétaire pensait que ça donnait une bonne image.»

Yum! Brands, leader mondial de la restauration rapide et propriétaire de Kentucky Fried Chicken, n’a pas du tout apprécié la plaisanterie. Le 7 juillet, un porte-parole de la marque affirmait au Huffington Post que cette «contrefaçon» qui n’a «rien à voir» avec KFC était «d’extrêmement mauvais goût» et menaçait d’intenter une action en justice.

Cela ne sera finalement pas nécessaire puisque, selon le Bangkok Post, le restaurant, qui se trouverait dans la ville d’Ubon Ratchathani et non à Bangkok comme l’écrivaient Gawker et le Daily Mail, aurait depuis changé de logo et de nom pour devenir «H-ler Fried Chicken», et éviter ainsi de perdre sa clientèle.

Cette bizarre histoire est loin d’être un cas isolé en Thaïlande, où la mode du «nazi chic», qui détourne des symboles de la culture populaire, en particulier enfantine, pour leur donner une connotation hitlérienne, connaît un grand succès depuis plus d’un an. Ronald McDonald et autres Teletubbies se voient affublés de la moustache du dictateur et imprimés sur des T-Shirt, ou érigés en mascottes devant les boutiques de la capitale. Ces effigies «choutes» et «cartoonisées» de Hitler semblent exercer une véritable fascination sur les adolescents thaïlandais, faisant même concurrence aux héros de mangas.

Mais ils n’amusent pas spécialement les touristes. En 2012, l’ambassadeur d’Israël dans le pays, Itzhak Shoham, a exigé d’un boutiquier qu’il retire le mannequin «nazi chic» exposé devant son commerce.

Présente en Chine, cette tendance se développe dans plusieurs pays d’Asie, notamment en Inde, où l’ouverture en 2012 d’une boutique de vêtements «Hitler» avait provoqué l’indignation de la communauté juive de la ville d’Ahmedabad.

KFC / Marufish via FlickrCC License by

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