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Les Etats-Unis ont envisagé d'armer leurs drones pour immobiliser des cibles aux frontières

Ryan Gallagher, mis à jour le 04.07.2013 à 11 h 37

Un drone Draganflyer X6. REUTERS/Chris Francescani

Un drone Draganflyer X6. REUTERS/Chris Francescani

Les drones ne sont actuellement autorisés aux Etats-Unis que dans le cadre de missions de surveillance. Cela n’a pourtant pas empêché le Département de la sécurité intérieure d’envisager d’armer ses drones autonomes pour «immobiliser» des cibles dans les zones frontalières.

Un document de 2010 vient d’être rendu public, révélant que le service des douanes et de la protection des frontières (Customs and Border Protection, CBP) avait caressé l’idée d’ajouter des armes non létales aux drones autonomes Predator, utilisés essentiellement pour surveiller les zones frontalières en Arizona et au Texas. Le document, obtenu par l’Electronic Frontier Fondation grâce à une requête émise dans le cadre du Freedom of Information Act, montre que l’agence a suggéré au Congrès, dans un rapport relatif à l’application de la loi, que les drones soient améliorés pour inclure des armes permettant de tirer sur des «cibles intéressantes». Le document ne précise pas le type d’armes envisagé, mais l’équipement «non létal» des drones pourrait facilement inclure des balles en caoutchouc, du gaz lacrymogène ou des armes types Taser.

Le fait que le CBP ait envisagé d’armer ses drones va ajouter aux inquiétudes au sujet des potentielles dérives de l’usage civil des drones autonomes. Les associations de défense des droits de l’homme ont déjà soulevé des appréhensions au sujet de la possibilité pour les Etats-Unis d’armer les drones civils, ce qui pourrait avoir influencé le discours de Barack Obama en mai dernier, dans lequel il affirmait que nul président ne devrait «déployer de drones armés sur le territoire américain». L’Administration fédérale de l’aviation (FAA), qui travaille sur l’intégration des drones dans le système d’espace national aérien d’ici septembre 2015, affirme qu’elle dispose de règles pour «interdire l’installation d’armes sur le matériel aéronautique civil» et qu’elle n’a «aucune intention de modifier ces règles pour le matériel aéronautique à pilotage automatique». Mais alors que les drones sont de plus en plus utilisés par les agences chargées de faire appliquer la loi, la FAA pourrait subir des pressions pour revoir sa réglementation.

Les armes non létales ne sont pas les seuls éléments sujets à controverses parmi ceux proposés par le service des douanes et de la protection des frontières pour améliorer ses drones. L’agence, qui dispose de dix Predator équipés de détecteur de mouvement et de caméras jour/nuit, a également refusé d’exclure le déploiement de matériel d’écoute dans ses drones pour surveiller les appels téléphoniques et autres communications effectués au sol. En mars, l’agence avait affirmé que l’utilisation de cette technologie ne serait testée que dans le respect «des droits et libertés civils et de la vie privée, en accord avec la loi, conformément à une longue pratique d’application de la loi».

Un porte-parole de l’agence a refusé de répondre par mail à une série de questions concernant la potentielle installation d’armes sur ses Predators. L’Electronic Frontier Foundation demande au Congrès d’interrompre le développement du programme drones Predator de l’agence, et réclame que celle-ci «confirme au public qu’elle n’équipera ses Predator d’aucune arme –létale ou non»

Ryan Gallagher

Traduit par Margaux Leridon

Ryan Gallagher
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