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L'ère de la classe moyenne révolutionnaire

Temps de lecture : 2 min

Le 22 juin 2013 à Fortaleza. REUTERS/Davi Pinheiro
Le 22 juin 2013 à Fortaleza. REUTERS/Davi Pinheiro

Pour Francis Fukuyama, on assiste dans le monde à une révolution de la classe moyenne. Des révolutions arabes aux révoltes en Turquie, des manifestations au Brésil aux contestations en Chine: tout cela est le fait d'une classe moyenne qui grossit dans les pays où elle se faisait peu entendre auparavant, selon le politologue américain.

«En Turquie, au Brésil, comme en Tunisie et en Egypte, la contestation politique a été menée non pas par les pauvres mais par des jeunes avec un niveau d'éducation et un revenu supérieurs à la moyenne. Ils sont adeptes des nouvelles technologies et utilisent des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter pour diffuser des informations et organiser des manifestations. Même quand ils vivent dans des pays qui tiennent des élections démocratiques régulières, ils se sentent exclus de l'élite politique au pouvoir.»

Pour Fukuyama –qui expliquait déjà en 1992 dans La Fin de l'Histoire et le Dernier Homme que la fin de la Guerre froide avait signé la victoire de l'idéologie libérale sur toutes les autres–, la classe moyenne qui porte les valeurs de cette idéologie est la véritable force de changement de ce début de siècle.

Mais qui est cette classe moyenne? Fukuyama en donne une définition assez vaste:

«Un rapport de Goldman Sachs de 2008 définissait ce groupe comme ceux dont les revenus annuels se situent entre 6.000 et 30.0000 dollars [4.600 et et 23.000 euros, NDLR] et prédisait que ce groupe compterait deux milliards de personnes supplémentaires d'ici 2030.»

«Mais le statut de classe moyenne est mieux défini par l'éducation, l'emploi et la possession de biens, qui ont bien plus de conséquences dans la prédiction de comportements politiques.»

Ainsi, une étude américaine montrerait que des niveaux supérieurs d'éducation seraient corrélés avec une perception plus élevée de la valeur de la démocratie, de la liberté individuelle et de la tolérance.

Et les démocraties occidentales ne sont pas à l'abri des révolutions de la classe moyenne:

«Aucune démocratie établie ne doit croire qu'elle peut se reposer sur ses lauriers parce qu'elle tient des élections et qu'elle a des dirigeants qui s'en sortent bien dans les sondages d'opinion. La classe moyenne, équipée par la technologie, sera très exigeante de ses hommes politiques.»

C. S-G

Cécile Schilis-Gallego

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