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Maddy, 12 ans, exclue de son équipe de foot pour éviter les «pensées impures» aux garçons

Cécile Dehesdin, mis à jour le 02.07.2013 à 12 h 45

Photo de Maddy tirée de la page Facebook «Let Her Play»

Photo de Maddy tirée de la page Facebook «Let Her Play»

A 12 ans, Maddy Paige fait partie depuis un an de l'équipe de football américain de son école privée de l'Etat de Géorgie. Enfin, faisait partie, puisque l'école de Strong Rock Christian a décidé qu'elle ne pourrait plus jouer à la rentrée scolaire.

Sa mère, Cassy Blythe, expliquait fin juin à l'Atlanta-Journal Constitution être sous le choc, puisqu'elle n'avait reçu jusque-là que des encouragements des coachs pour sa fille. Les explications de l'école pour cette décision sont confuses. Officiellement, l'école s'est contentée d'écrire dans un communiqué à une chaîne locale que leur «politique officielle est que les collégiennes [notre équivalent de la middle school américaine, NDLR] jouent à des sports de filles, et que les collégiens jouent à des sports de garçons». Une explication qui semble étrange, vu que Maddy jouait au foot en 6th grade, première année de la middle school.

Mais d'après Cassy Blythe, le directeur de l'école lui en a dit davantage sur les raisons d'une telle logique:

«Il s'inquiétait

  1. que les garçons puissent avoir des pensées impures
  2. que les discussions de vestiaire seraient trop dures pour elle
  3. que les garçons et les filles ne devraient être en compétition dans aucun sport
  4. qu'il y a d'autres sports auxquels elle peut jouer
  5. qu'en tant qu'école privée, ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient
  6. qu'il avait prié sur le sujet et que c'était la bonne chose à faire.

Il a aussi cité la Bible en disant que les hommes et les femmes sont créés comme des égaux mais différents, et qu'ils ne devraient donc pas être autorisés à faire les mêmes sports.»

Une explication jugée «ridicule» par Cassy Blythe, entre autres parce que Maddy avait de toute façon son propre vestiaire, et parce que «ce n'est pas la faute de Maddy si les garçons ne peuvent pas contrôler leurs pensées ou leurs envies. Ils doivent apprendre à contrôler ce qui se passe chez eux, tout comme Maddy».

Elle estime que «si une fille remplit les mêmes conditions que les garçons, elle devrait avoir le droit de jouer». La famille a lancé une page Facebook intitulée «Let her play», «laissez-la jouer», qui en est à plus de 40.000 likes. En plus de messages sur la situation de Maddy, la page accueille des photos de filles dans des sports jugés typiquement masculins, dont une de l'équipe nationale de foot américain:

Sur cette page comme sur les sites qui rapportent l'affaire, les commentaires se divisent entre ceux qui soutiennent le combat de Maddy et ceux qui estiment qu'en tant qu'école privée, Strong Rock Christian est libre de ce genre de choix. Sur la page Facebook, la mère de Maddy explique:

«Pour nous, ce n'est pas une histoire d'éducation privée contre publique, ou de religion contre non-religion. C'est un problème de droits de l'homme. Voilà une fille qui a eu le droit de jouer et qui jouait bien [...] Une athlète qui portait le même uniforme et se tenait aux mêmes exigences que le reste de son équipe. Une personne qui a tout perdu pour la seule raison qu'elle est de sexe féminin.»

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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