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Place Tahrir, histoire(s) d'un désenchantement

Benoit Le Corre, Loup Bureau, Gurvan Kristanadjadja, Camille Belsoeur, Raphaël Morvan, mis à jour le 05.07.2013 à 10 h 35

Une application photo + Twitter pour raconter l'entre deux révolutions.

La place Tahrir sort de sa longue dépression. Dimanche 30 juin, un an jour pour jour après l'investiture du président Mohamed Morsi, elle tremblait sous les pas de plus de 500.000 manifestants et vibrait au rythme des chants anti-Morsi. L'Egypte entière a connu «la plus grande manifestation de son histoire», dixit une source militaire. En divisant les citoyens depuis douze mois, la politique de Morsi les a, paradoxalement, unis.

Un souffle pour Tahrir, qui revient de loin. A la suite de violentes manifestations en novembre 2012, ponctuellement réanimées tout au long de 2013, son image n'a cessé de se dégrader.

Coupée à la circulation, demeure des enfants de la rue, terreau des harceleurs sexuels (hier encore, quarante-deux femmes auraient subi des agressions), la place subissait une crise identitaire révolutionnaire, si loin du symbole communiqué par les médias. Même certains activistes de la première heure ne voulaient plus y mettre les pieds.

C'est cette image que nous avons essayé de capturer au cours de la réalisation de cette application web «Tahrir, histoire(s) d'un désenchantement». Nous avons choisi de mettre le «s» entre parenthèses puisque ce travail s'inscrit sur deux temporalités.

La première, l'histoire au singulier, est celle d'une place, choyée dès la naissance de la révolution, et dont un lent processus est venu dégrader l'image. Un peu comme ces stars qui accèdent à la célébrité dès leur plus jeune âge et qui plient ensuite sous la pression. Vous trouverez ainsi une multitude d'annotations historiques relatant les grands moments de l'histoire de Tahrir, introduits par des tweets.

L'autre temporalité, les histoires au pluriel, est racontée par ceux qui ont vécu la révolution dans ses heures les plus belles comme les plus sombres. Activiste, politique, manifestant... les témoignages de six Cairotes sont mis en avant pour souligner leur rapport conflictuel avec Tahrir.

Enfin, "Tahrir, histoire(s) d'un désenchantement", c'est une photographie à 360°. Comme tout cliché, il est pris sur le vif, à un moment donné. Le notre date du 2 mars 2013.

Benoit Le Corre, Loup Bureau, Gurvan Kristanadjadja, Camille Belsoeur

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