Santé / Monde

Le nouveau coronavirus progresse masqué dans la Péninsule arabique

Temps de lecture : 2 min

Le réservoir animal du virus demeure un mystère. Le nombre des cas asymptomatiques est beaucoup plus élevé que prévu.

Le virus au microscope électronique. Cynthia Goldsmith/Maureen Metcalfe/Azaibi Tamin / CDC
Le virus au microscope électronique. Cynthia Goldsmith/Maureen Metcalfe/Azaibi Tamin / CDC

Les dernières données disponibles sur l’épidémie émergente due au nouveau coronavirus ont été rendues publiques le 26 juin à Genève lors d’une session spéciale organisée dans le cadre de la plus importante conférence internationale consacrée à la prévention et au contrôle des maladies infectieuses.

Le Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV) inquiète ouvertement les responsables sanitaires d’Arabie Saoudite, premier pays touché et où doit commencer à compter du 9 juillet le «petit pèlerinage» de La Mecque.

Le Pr Ziad A. Memish, ministre saoudien de la Santé publique et responsable sanitaire des pèlerinages, participait à la conférence de Genève où il a fait le point sur la situation épidémiologique dans son pays. Il a notamment présenté les conclusions des derniers travaux menés dans son pays et notamment d’une étude qu’il a menée dans un établissement hospitalier où le nouveau virus a touché 23 personnes.

«Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que le nouveau coronavirus est capable de se transmettre de personne à personne, a déclaré à Slate.fr le Pr Didier Pittet, médecin-chef du service de prévention et contrôle de l’infection des Hôpitaux Universitaires de Genève et directeur du Centre collaborateur de l’OMS pour la sécurité des patients. Il est également démontré qu’il peut affecter le personnel soignant et que ce personnel peut à son tour le transmettre à ses proches». Une autre information importante établie au vu des travaux menés en Arabie saoudite est la proportion élevée des personnes qui, dans l’entourage des malades présentes les signes biologiques de l’infection virale sans en manifester les symptômes.

Cette nouvelle peut laisser penser que le virus est moins dangereux qu’on pouvait le supposer jusqu’à présent (40 morts sur 77 cas connus). A l’inverse, faute d’informations quant à la contagiosité des personnes asymptomatiques, elle peut laisser redouter que le nombre des personnes exposées au risque est et sera nettement plus élevé que prévu. «En toute hypothèse, cela bouleverse et compliquera les stratégies de dépistage qui vont devoir être mise en œuvre pour lutter contre la progression de cette infection, estime le Pr Pittet. Et ce d’autant que les symptômes de l’infection sont similaires à ceux de la grippe. Pour l’heure nous sommes inquiets de l’absence de données en provenance de la Jordanie où nous savons que le virus est également présent comme il l’est ou l’a été aux Émirats arabes unis et au Qatar. »

Le Pr Memish a d’autre part révélé que les différents essais thérapeutiques (corticoïdes, interféron, antiviraux) effectués chez des personnes gravement infectées n’ont pas été efficaces. Les différentes études menées pour trouver le «réservoir animal» du coronavirus ont été infructueuses. C’est notamment le cas d’une vaste étude menée chez 1.100 chauve-souris provenant de trois régions du pays – la chauve –souris est connue pour être un vecteur de coronavirus.

Au terme de la conférence de Genève, la communauté médicale et scientifique n’a formulé aucune recommandation particulière quant aux possibles mesures d’hygiène et de limitations de mouvements internationaux de voyageurs. L’OMS reste muette sur ce sujet tandis que les Centers for Diseases Control viennent de formuler une série de conseils pratiques concernant notamment les voyages aériens.

JYN

Jean-Yves Nau Journaliste

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