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Snowden a-t-il pu partir de Hong Kong parce que les Etats-Unis se sont trompés de prénom?

Florian Reynaud, mis à jour le 26.06.2013 à 17 h 15

Le siège de la National Security Agency (NSA) à Fort Meade dans le Maryland. REUTERS/NSA/Handout via Reuters

Le siège de la National Security Agency (NSA) à Fort Meade dans le Maryland. REUTERS/NSA/Handout via Reuters

On pensait que les Etats-Unis n'oublieraient pas un tel nom. Edward Joseph Snowden. Et pourtant, c'est ce Joseph, ce deuxième prénom, qui aurait –entre autres– permis au lanceur d'alerte recherché pour avoir divulgué des informations classées sur l'Agence nationale de sécurité (NSA) de quitter Hong Kong.

L'info est rapportée par le Wall Street Journal: alors que le passeport du fugitif indiquerait Edward Joseph Snowden, selon les autorités d'Hong Kong, les Etats-Unis auraient envoyé des documents afin de constituer un mandat d'arrêt comportant le nom Edward James Snowden, puis Edward J. Snowden dans le reste des documents.

«Ceci, combiné à d'autres facteurs, a aidé à ralentir le processus. Par ailleurs, M. Yuen [le secrétaire de la justice d'Hong Kong, Rimsky Yuen] a ajouté que le traitement de la demande américaine a été ralenti par le fait que les Etats-Unis n'ont pas spécifié le numéro de passeport de M. Snowden.»

Le temps que les Etats-Unis rectifient l'erreur, le fugitif avait quitté Hong Kong pour la Russie. Aujourd'hui, ce passeport est révoqué, rapporte Quartz, mais cette histoire n'était probablement qu'une parfaite excuse diplomatique pour Hong Kong. Le passage de Snowden a en effet envenimé les relations diplomatiques entre la Chine, Hong Kong et les Etats-Unis.

Selon le South China Morning Post, les documents révélés par Snowden ont prouvé que la NSA a également espionné la Chine, et a notamment hacké des agences de télécommunication et une université, révèle ABC News. Le ministère des Affaires étrangères a réagi de manière diplomatique à la découverte de Prism, mais un journal de l'armée chinoise a violemment attaqué les Etats-Unis, et toujours selon ABC, l'agence de presse officielle Xinhua a déclaré que le gouvernement américain «devait au monde des explications».

Les Etats-Unis accusent, Hong-Kong réplique

Dans un communiqué éloquent, les autorités de Hong Kong déclarent que le temps que les Etats-Unis réparent l'erreur qui s'était glissée dans leur requête de mandat d'arrêt, Edward Snowden avait quitté le pays de manière parfaitement légale. Dans ce même communiqué, ils enchaînent en précisant avoir eux-mêmes déposé une requête précédemment à propos des systèmes informatiques locaux qui auraient été hackés par les Etats-Unis.

Mais l'excuse technique des autorités ne suffisent pas aux Etats-Unis qui accusent ces premières d'avoir délibérément laissé partir Snowden, mettant en péril la relation diplomatique entre les gouvernements chinois et américain, rapporte ABC News. Jay Carney, le porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré à propos des autorités chinoises:

«Si on ne peut pas compter sur elles pour honorer leurs obligations légales d'extradition, alors il y a un problème.»

La réponse du gouvernement chinois fut immédiate, selon Reuters. En plus de s'indigner des accusations américaines, les autorités se sont attaqué à Prism en qualifiant les Etats-Unis d’Etat «manipulateur» et «d'espion de la vie privée».

F.R.

Florian Reynaud
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