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Qatar, Pays-Bas, Vatican: 2013, année record pour les abdications

Grégoire Fleurot, mis à jour le 26.06.2013 à 12 h 10

L'émir du Qatar Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani à Doha le 6 mars 2012, REUTERS/Mohamad Dabbouss

L'émir du Qatar Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani à Doha le 6 mars 2012, REUTERS/Mohamad Dabbouss

En février dernier, quand le Pape Benoît XVI a annoncé sa renonciation, le Süddeutsche Zeitung, le grand quotidien de Bavière, la région dont est originaire le cardinal Joseph Ratzinger, a qualifié le geste d'«avant-gardiste», écrivant qu’un «petit bout de modernité» avait «franchi l’enceinte du Vatican». Le journal ne croyait pas si bien dire: alors que nous avons à peine franchi la moitié de l’année, 2013 est déjà une année record en nombre d'abdications, si l'on se fie à la liste dressée sur Wikipedia pour la période moderne.

Outre donc le départ de Benoît XVI, dont le statut de pape faisait également de lui le monarque de l’Etat du Vatican, la reine Béatrix a transmis le trône des Pays-Bas à son fils aîné Willem-Alexander en janvier, tandis que plus récemment l’émir du Qatar cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani a également laissé sa place à un de ses fils, le cheikh Tamim.

Et l’année 2013 n’a peut-être pas vu sa dernière abdication: des rumeurs persistantes circulent autour du roi Albert II de Belgique, qui aurait décidé de partir à la retraite et pourrait annoncer son départ dans quelques jours, au mois de juillet. La dernière abdication avant 2013 a été celle du roi du Népal, Gyanendra, qui n’a pas vraiment eu le choix: son pays est devenu une république en 2008.

Les trois anciens souverains ont passé la main pour des raisons bien différentes, qui traduisent aussi les situations bien distinctes de leurs pays respectifs. Du côté du Vatican, où l’on n’avait plus vu de renonciation depuis le XVe siècle, difficile de léguer le trône à un descendant étant donné le devoir d’abstinence sexuelle du pape. Après l’annonce faite par Benoît XVI lui-même, qui a affirmé qu’en raison de l’«avancement» de son âge (il avait 85 ans), il «ne se sent(ait) plus apte à exercer adéquatement le ministère de Pierre», c’est donc par un processus d’élection très précis que l’Eglise a choisi son successeur, François.

En comparaison, le désormais ancien émir du Qatar est un jeune retraité de 61 ans qui a surtout souhaité effectuer une transition en douceur pour la stabilité de son richissime Etat gazier, et préparait son fils Tamim depuis plusieurs années. Première dans l’histoire récente du monde arabe, la décision a également été soulignée comme une volonté de donner une image «moderne et dynamique» du pays. L’ancienne souveraine des Pays-Bas, 75 ans, a quant à elle laissé le trône l’année des 200 ans de son royaume pour se consacrer à ses petits-enfants et de son fils cadet, Friso, dans le coma depuis près d'un an.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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