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Pourquoi le Starbucks du cannabis ne se fera pas

Cécile Schilis-Gallego, mis à jour le 19.06.2013 à 9 h 23

 / M. Martin Vicente via FlickrCC License by

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Il promettait de créer un empire du cannabis légal aux Etats-Unis mais son projet pourrait bien ne pas aboutir, rapporte The Huffington Post. Un ancien de Microsoft, Jamen Shively, avait en effet annoncé en mai qu'il comptait monter une chaîne de distribution de marijuana, Diego Pellicer Inc., rapidement surnommée «le Starbucks de l'herbe». 

Deux Etats américains –le Colorado et Washington– ont légalisé l'usage récréatif du cannabis mais cela est toujours interdit au niveau fédéral. Le degré d'acceptation variable du cannabis dans les différents Etats complique largement l'entreprise de Jamen Shively. Toujours selon The Huffington Post, la culture et la vente de cannabis constituant des crimes fédéraux aux Etats-Unis, la circulation d'argent qui découlerait de la vente de cannabis pourrait constituer un délit de blanchiment d'argent:

«Créer une entreprise dans un secteur qui est toujours illégal selon la loi fédérale requiert une personnalité bien spécifique: assez audacieux pour assumer les risques énormes, mais assez humble pour garder la tête sur les épaules et éviter une attention injustifiée.»

C'est justement ce qui a valu à Jamen Shively les foudres des activistes pro-cannabis. Associated Press analyse ainsi:

«Jamen Shively était l'une de leurs plus grandes peurs: un aspirant profiteur de l'herbe dont les rêves de créer un empire du cannabis pourrait attirer une attention non désirée du gouvernement fédéral et qui pourrait ralentir le mouvement de réforme concernant le cannabis dans tout le pays.»

Les partenaires annoncés auraient d'ailleurs commencé à faire marche arrière. Pour l'universitaire Mark Kleiman, ces mésaventures ne sont pas le principal problème de Jamen Shively à l'heure actuelle:

 «Le terme technique pour ce qu'il dit prévoir de faire est de la "conspiration pour distribuer une substance contrôlée" et on fait de la prison pour ça.»

Autant d'éléments qui entacheraient la crédibilité du projet selon Tripp Keber, de Dixie Elixirs, une entreprise qui produit des extraits de cannabis:

 «Je pense que dans le futur proche, soit il va devoir parler de façon plus articulée de ce qu'il compte faire réellement soit il va être éjecté.»

 

Cécile Schilis-Gallego
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