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Espionnage au G20: les diplomates ne devraient jamais aller au cybercafé

Grégoire Fleurot, mis à jour le 17.06.2013 à 10 h 42

Un café Internet à Berlin, REUTERS/Thomas Peter

Un café Internet à Berlin, REUTERS/Thomas Peter

Les révélations basées sur les documents top secrets que l’ancien employé de la National security agency (NSA) Edward Snowden a fourni à plusieurs médias continuent. Après le scandale autour du programme américain de surveillance des données Prism, c’est au tour du gouvernement britannique d’être mis dans l’embarras: The Guardian a affirme que les services de renseignements de sa Majesté ont espionné des diplomates lors du G20 de Londres en 2009.

Parmi les méthodes utilisées, les espions britanniques ont créé des faux cybercafés dans lesquels ils pouvaient intercepter les emails mais aussi les codes d’accès des diplomates à leurs boîtes mail, permettant au Royaume-Uni d’avoir «des options de renseignement durables contre eux même après la fin de la conférence».

Si l’on ne connaît pas encore les détails des faux cafés Internet mis en place par les espions de MI6, les gouvernements dont les diplomates se sont fait ainsi surveiller ont toutes les raisons d’être remontés contre l’imprudence de leurs représentants.

Dans le guide Passeport de conseil aux voyageurs, publié en 2010 et destiné à aider ses citoyens à garantir la confidentialité de leurs télécommunications, le gouvernement français, à travers Patrick Pailloux, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI, rattachée au Secrétaire général de la défense nationale), et Régis Poincelet, vice-président du Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE), rappelait ainsi:

«Les cybercafés, les hôtels, les lieux publics et parfois même les bureaux de passage n’offrent pas de garantie de confidentialité. Dans de nombreux pays étrangers, les centres d’affaires et les réseaux téléphoniques sont surveillés. Dans certains, les chambres d’hôtel peuvent être fouillées.»

Sur son site, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) donne quant à elle les recommandations suivantes pour l’utilisation d’ordinateurs situés dans un espace public:

«Lorsque l’on utilise un ordinateur en libre accès, il n’est a priori pas possible de savoir si celui-ci est correctement sécurisé ou non. En conséquence, il est fortement déconseillé à l’utilisateur d’accéder à des données qu’il considère comme sensibles (données bancaires, etc.).» 

Parions que les cybercafés d’Enniskillen, la petite bourgade nord-irlandaise qui accueille à partir de ce lundi 17 juin le G8, ne connaîtront pas de hausse anormale de leur fréquentation.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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