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Un autre avion serait impliqué dans le crash mortel de Youri Gagarine

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 15.06.2013 à 18 h 03

Un MIG-15, le modèle dans lequel volait Gagarine le jour du crash. SB Lim-2 (MiG-15UTI) #761 of Polish Air Force, 31st Air Base, Poznań-Krzesiny / Radomil via Wikimedia Commons

Un MIG-15, le modèle dans lequel volait Gagarine le jour du crash. SB Lim-2 (MiG-15UTI) #761 of Polish Air Force, 31st Air Base, Poznań-Krzesiny / Radomil via Wikimedia Commons

Quarante-cinq ans après la mort de Youri Gagarine, va-t-on enfin savoir comment le légendaire cosmonaute soviétique, premier homme à avoir effectué un vol habité dans l'espace le 12 avril 1961 dans le cadre de la mission Vostok 1, est mort?

Youri Gagarine s’est écrasé à 34 ans aux commandes d’un MIG-15 d’entraînement avec un instructeur expérimenté, lors d’un vol d’essai le 27 mars 1968. Le régime soviétique tenait tellement à son héros que ce dernier n'avait plus eu le droit de voler depuis son exploit de 1961. A partir de 1968, il recommence à réaliser des vols d'essai, mais accompagné.

En 2011, la Russie avait fait acte de transparence, en rendant publiques les conclusions de la commission d’enquête sur cette mort, classée jusqu’alors secret d’Etat. Selon la commission, Gagarine a du effectuer une manoeuvre pour éviter une sonde atmosphérique. Il aurait alors fait une vrille pour l'éviter, perdant le contrôle de l'appareil.

Mais «en réalité, tout s’est passé différemment», affirme au site RT le cosmonaute Aleksey Leonov, qui depuis toutes ces années s’efforce de découvrir la vérité. Car la thèse du ballon atmosphérique est «crédible pour un civil, mais pas pour un professionnel», assure-t-il.

Selon un rapport déclassifié, un avion Soukhoï SU-15 volait dangereusement près de l’appareil piloté par Gagarine ce jour-là. Cet avion aurait contourné le réglement et serait descendu à une altitude de 450 mètres, où il se serait trouvé très proche de l'avion de Gagarine, causant dans son sillage la perturbation qui a été fatale au pilote.

Leonov, qui était sur place le jour du vol fatal, en charge d’un entraînement de sauts en parachute, affirme avoir alors entendu le son de l’avion supersonique peu avant l’explosion. Très peu avant… Car lorsque l’homme accède au rapport d’enquête le citant, il se rend compte que ses propos ont été changés: il avait évoqué 2 secondes d’écart entre les deux sons, et non 15 à 20 comme il l’a lu. Cette version remaniée pouvait suggérer que les deux appareils étaient séparés par une distance d’au moins 50 kilomètres, invalidant de ce fait la thèse d'une collision entre les deux appareils, ou d'une manoeuvre destinée à l'éviter.

Leonov a réalisé une simulation informatique concluante du vol pour tester la crédibilité de son hypothèse. Il a ensuite rendu publiques ses conclusions, à la condition de ne jamais prononcer le nom du pilote qui serait responsable de l’accident. On sait juste qu’il est toujours vivant, est âgé de 80 ans et que son état de santé est mauvais.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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