Turquie: La police pénètre brièvement dans le parc Gezi, suivez les évènements en direct

La place Taksim à Istanbul mardi 10 juin, REUTERS/Murad Sezer

La place Taksim à Istanbul mardi 10 juin, REUTERS/Murad Sezer

Les choses se sont accélérées ce mardi matin place Taksim, lieu symbolique de la contestation turque, à Istanbul. La police a évacué la place à coup de canons à eau et de gazs lacrymogènes. Elle a pénétré à la mi-journée dans le parc Gezi où sont rassemblés les manifestants.

Le point sur la situation à 16h00.

15h30: La police entre dans le parc Gezi

Après l'évacuation de la place Taksim par les policiers anti-émeute dans la matinée de mardi, la police a pénétré à la mi-journée dans le parc Gezi qui la jouxte, et dont l'annonce de la destruction est à l'origine de la protestation. Les policiers sont ressortis quelques minutes après leur incursion, et les militants y sont toujours rassemblés.

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12h: Erdogan déclare que le parc Gezi n'est pas «une zone d'occupation»

Lors d'un discours devant les députés de son parti, l'AKP, le Premier ministre a déclaré:

«Le parc Gezi est un parc, pas une zone d'occupation. J'invite tous ceux qui sont sincères à se retirer»

Erdogan a même poussé la provocation dire des occupants de Gezi qu'ils «puent»:

Le Premier ministre a nettement durci son discours, selon le site France TV info, qui relaye une information de l'AFP. Il a menacé les manifestants:

«Cette affaire est maintenant terminée. Nous ne montrerons plus de tolérance.»

Alors que ce mardi matin, lors de la reprise de la place Taksim par la police anti-émeute, les manifestants ont été invités à se replier dans le parc Gezi, juste à côté. Le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu, a même assuré lors d'un discours devant des députés qu'aucune intervention ne visera le parc, selon le correspondant du Monde sur place, Guillaume Perrier

«Nous avons repris notre centre culturel et notre statue d'Ataturk et nous avons confisqué le materiel. Il n'y aura aucune intervention contre le parc de Gezi

11h30: Quatre morts selon un bilan dressé par Erdogan

«Trois jeunes et un policier ont perdu la vie dans les événements», a dit Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours prononcé au Parlement devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP), selon l'AFP.

10h30: une attitude relativement appaisée des deux côtés

Hormis les affrontements qui se poursuivent dans les rues adjacentes, sur la place Taksim, les manifestants auraient formé une chaîne humaine pour repousser les policiers anti-émeute, c'est ce dont témoigne la journaliste Fatma Kizilboga, qui faisait le point sur place pour France 24.

Elle a par ailleurs apporté quelques précisions sur le délogement des manifestants plus tôt:

«La police s'y est prise plutôt avec douceur. Elle a fait plusieurs appels au calme et a assuré aux manifestants qu'elle n'était pas là pour les affronter, mais pour nettoyer la place. Les forces de l'ordre se sont d'ailleurs excusées à plusieurs reprises pour les jets de bombes lacrymogènes.»

10h: retour au calme

Aux alentours de 10h (heure française) sur la place Taksim, le calme semblait revenir, d'après le fil Twitter du correspondant du Monde sur place, Guillaume Perrier:

Peu après, lors de son point hebdomadaire face aux députés, le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu a fait une déclaration, toujours selon Guillaume Perrier: 

«Nous avons repris notre centre culturel et notre statue d'Ataturk et nous avons confisqué le materiel. Il n'y aura aucune intervention contre le parc de Gezi

Au même moment pourtant, le correspondant de RFI sur place expliquait que les affrontements dans les rues autour de la place entre les manifestants et la police anti-émeute se poursuivaient.

La police reprend la place

Ce mardi 11 juin vers 8 heures, la police était de retour sur la place Taksim à Istanbul. Après un week-end de manifestations contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan dans plusieurs grandes villes du pays, des milliers de personnes s’étaient à nouveau retrouvées lundi soir autour de la place qui a été le centre du mouvement de protestation depuis plus de 10 jours.

Des centaines de policiers anti-émeute avec des blindés munis de canons à eau ont pris d’assaut ce matin les barricades érigées par les manifestants, faisant un «usage massif de grenades lacrymogènes», rapporte Le Monde, qui précise que «de nombreux jeunes se sont cependant répandus dans les rues proches de la place Taksim et ripostaient à la police avec des lance-pierres et des cocktails Molotov».

Un aperçu via Twitter de la fumée des gaz lacrymogènes sur la place Taksim mardi matin:

Sur Twitter toujours, le gouverneur d’Istanbul Hüseyin Avni Mutlu avait pourtant rassuré:

«On ne touchera en aucun cas au parc Gezi et à Taksim, on ne vous touchera absolument pas. A partir de ce matin, vous êtes confiés à vos frères policiers.»

Le double-discours d'Erdogan

L’opération de mardi matin tranche avec les déclarations du gouverneur d’Istanbul, mais également avec celles de Recep Tayyip Erdogan. Après son retour en Turquie dimanche 9 juin, le premier ministre avait assuré vouloir rencontrer les manifestants mercredi 12, pour discuter et apaiser la situation. Une ouverture visiblement oubliée ce mardi matin. Selon un manifestant interviewé par France 24, cette déclaration était un écran de fumée:

«Quand le premier ministre fait de telles déclarations, on ne peut pas s’attendre à quoi que ce soit de positif. Il baisse parfois le ton pour apaiser les marchés».

Par ailleurs, Erdogan a déclaré vouloir rencontrer les écologistes, le noyau qui a débuté la contestation. Pourtant, le mouvemet compte désormais en grande majorité des manifestants qui réclament autre chose: la démission du Premier ministre. Ce double-discours, entre ouverture et fermeté pourrait diviser l’opposition. Avec cette opération de la police anti-émeute, Erdogan n’interdit pas de manifester, mais d’aller sur la place Taksim. Si les plus radicaux du mouvement souhaitent reprendre la place et affronter les forces de l’ordre, alors que tous sont autorisés à se replier dans le parc de Gezi, des tensions internes au mouvement risquent de poindre.

Pour suivre les évènements en direct, voici plusieurs liens vers stream de chaînes de télévision turques ou des sites Internet diffusant des images de la place Taksim et du parc Gezi, où des manifestants campent toujours.

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