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Ce qu'il faut savoir de Edward Snowden, le «whistleblower» du scandale de surveillance de la NSA

Le logo de la NSA sur un téléphone portable, REUTERS/Pawel Kopczynski

Le logo de la NSA sur un téléphone portable, REUTERS/Pawel Kopczynski

Dimanche 9 juin au soir, le quotidien britannique The Guardian a publié sur son site Internet le nom de l’homme qui lui a fourni des informations confidentielles sur les programmes de surveillance des communications menés par les Etats-Unis: Edward Snowden. Cet Américain de 29 ans, à l’origine de ce que le journal qualifie d’«une des plus grandes fuites de l’histoire politique américaine», a travaillé pour la National Security Agency (NSA, l’agence responsable du renseignement d'origine électromagnétique) en tant qu’employé de divers sous-traitants au cours des quatre dernières années. Le Washington Post, à l'origine de l'affaire avec le Guardian, a confirmé que Snowden était aussi sa source.

Voici les six choses à savoir sur l'homme à l'origine de cette affaire qui a déclenché un tumulte politique aux Etats-Unis et fait la une des médias du monde entier.

Que fait Booz Allen Hamilton?

Le New York Times consacre un un article au dernier employeur d’Edward Snowden, Booz Allen Hamilton, une entreprise «qui est devenue l’une des plus grandes et des plus rentables des Etats-Unis avec quasiment un seul client, le gouvernement».

Au cours de la dernière décennie, elle a tiré sa croissance de ses prestations pour la NSA et d’autres agences de renseignement américaines. L’année dernière, 23% de son chiffre d’affaire, soit 1,3 milliard de dollars, était lié à son travail dans le domaine du renseignement.

Qui a accès aux informations secrètes aux Etats-Unis?

C’est l’une des questions qui revient beaucoup dans les médias américains, notamment après que Snowden a déclaré qu’il pouvait «mettre le Président sur écoute» s’il le voulait. The Daily Beast rappelle qu’en octobre 2012, 5 millions de personnes disposaient d'une sorte d’autorisation du gouvernement américain, tandis que 1.271 agences gouvernementales et 1.931 entreprises travaillent sur le renseignement aux Etats-Unis, selon le San Francisco Gate, qui cite un rapport de 2012 du Washington Post.

Les risques de sous-traiter le renseignement

Le Washington Post souligne que la fuite sans précédent de secrets de la NSA par un sous-traitant est «l’inévitable conséquence de l’énorme croissance du complexe de sécurité industrielle américaine». Snowden fait en effet partie des dizaines de milliers de sous-traitants privés du renseignement embauchés après le 11-Septembre pour «connecter les points», dont un nombre inconnu a accès à des informations secrètes ou top secrètes.

Hong Kong, un drôle de choix

Avant de révéler son identité, Edward Snowden a choisi de se réfugier dans un hôtel de luxe à Hong Kong à cause de «l’engagement actif de la ville en faveur de la liberté d’expression et de la dissidence politique», a-t-il déclaré au Guardian. Un choix dont s’étonnent les politiciens et avocats hongkongais, qui soulignent que le territoire a une longue tradition de coopération avec les Etats-Unis en matière d’extradition, rapporte le Wall Street Journal, qui écrit que Snowden compte peut-être sur le droit de véto de Pékin sur les extraditions qui affectent «la défense, les Affaires étrangères ou les intérêts publics essentiels» chinois. En attendant, une parlementaire islandaise a proposé son aide à Snowden.

Une démarche courageuse

Là où la plupart des informateurs ayant rendu publics des secrets du gouvernement ont attendu que le FBI les retrouve, Edward Snowden a décidé de rendre son identité publique de lui-même, un procédé rare et que beaucoup voient comme un acte courageux de désobéissance civile, rapporte le Washington Post. Daniel Ellsberg, qui a fourni les «Pentagon Papers» au New York Times en 1971, a ainsi déclaré:

«Aujourd’hui, il n’y a aucun responsable ou ancien responsable américain que j’admire plus que lui. […] Il est clairement prêt à donner sa vie ou sa liberté pour les intérêts de son pays.»

Une pétition sur le site de la Maison Blanche

Des internautes ont déjà créé une pétition sur le site de la Maison Blanche pour qu’Edward Snowden soit gracié, avec le texte suivant:

«Edward Snowden est un héros national et devrait recevoir immédiatement une grâce complète, gratuite et absolue pour tout crime qu’il a commis ou peut avoir commis en relation avec sa révélation des programmes de surveillance secrets de la NSA.»

Le site gouvernemental «We are the People» (créé par l’administration Obama en 2011) permet à tout citoyen de créer sa propre pétition. Si la pétition recueille plus de 100.000 signatures en moins de 30 jours, le gouvernement s’engage à examiner la proposition et à y donner une réponse publique. Lundi matin, à 10h45 heure française, celle pour Snowden comportait déjà près de 8.000 signatures.

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