Économie / Monde

Forbes le voit moins riche que ce qu'il dit être: Al-Walid Ben Talal, prince saoudien, porte plainte

Temps de lecture : 2 min

Al-Walid Ben Talal  en 2008. REUTERS/Ahmad Masood
Al-Walid Ben Talal en 2008. REUTERS/Ahmad Masood

Al-Walid Ben Talal est un prince saoudien, petit-fils du roi Ibn Saoud, fondateur de l'Arabie saoudite. Et il est en colère contre Forbes. Très en colère. Plus précisément, il est vexé. Très vexé. Il porte plainte contre le magazine économique américain parce qu'il estime que ce dernier a... sous-estimé sa fortune dans son classement des riches de ce monde.

Dans la livraison 2013 des plus grandes fortunes du monde, le prince al-Walid Ben Talal apparaît à la 26e place avec une fortune estimée à 20 milliards de dollars. Pas mal, vous direz-vous. Pas du tout. Le prince est formel: il manque 9,6 milliards de dollars.

Le prince, qui est souvent décrit comme l'homme d'affaires le plus influent du Moyen-Orient selon The Guardian, accuse Forbes de ne pas être impartial avec les entreprises d'Arabie saoudite.

La fiche de Forbes explique qu'il a 95% de la Kingdom Holding Company, cotée à la bourse saoudienne, qui détient des participations dans des sociétés de gestion d'hôtels Four Seasons Hotels & Resorts, Mövenpick Hotels & Resorts et Fairmont Raffles, mais aussi dans l'hôtel George V à Paris et une participation dans l'Hôtel Savoy à Londres. Kingdom Holding possède également des milliards de dollars d'actions américaines et internationales (Citigroup, News Corp, Apple). Le miliardaire a aussi investi dans Twitter et dans dans la société chinoise d'e-commerce 360Buy Jingdong.

Il est également connu pour avoir un Boeing 747 «avec ascenseur entre les trois étages, parking pour la Rolls Royce, cinq suites avec des lits «king size» à baldaquins, un sauna, une salle de conférence et une autre pour les concerts. Et une salle de prière avec des tapis virtuels s’orientant automatiquement vers la Mecque selon la position de l’avion», précise Air-Journal. Il avait acheté un Airbus 380 Prestige, mais il l'a revendu avant même d'avoir eu les clés de l'engin.

Il porte donc plainte pour diffamation contre Forbes, son éditeur et deux journalistes, devant la Haute Cour de Londres.

Forbes, qui s'est dit «particulièrement surpris» par la plainte, a aussi précisé qu'il avait subi un lobbying intermittent de la part des conseillers d'Al-Walid, alternant menace et cajolerie, dans le but de le faire monter dans le classement annuel.

Cécile Chalancon Editrice à Slate.fr

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