Économie / Monde

La Lettonie dans la famille de l’euro

Temps de lecture : 2 min

Le pays balte a reçu le feu vert de la BCE et de Bruxelles. Mais l'entrée, qui sera effective le 1er janvier 2014, se fait sans enthousiasme.

REUTERS
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Il en est des nouveaux comme des anciens. L’euro divise les populations et leurs dirigeants. La Lettonie va entrer dans la zone euro le 1er janvier 2014: elle vient de recevoir le feu vert de la BCE et de Bruxelles. Mais un tiers seulement des 2,2 millions de Lettons seraient favorables à l’entrée dans l’euro et deux tiers contre, selon les sondages. Les opposants craignent une hausse des prix.

Le gouvernement répond que l’inflation est retombée à 1,3% après 15% et il regarde, lui l’emploi: il espère attirer des investissements comme ça s’est passé en Estonie, pays balte voisin, qui a adopté l’euro en janvier 2011 et qui a vu les investissements étrangers doubler, créant beaucoup de jobs.

En 2008-2009, l’économie lettone s’était effondrée et le PIB aura reculé depuis de 20%. Riga a demandé du secours, l’Union européenne et le FMI ont fait un prêt. Le gouvernement a imposé l’austérité.

Et, trois ans après, ça a marché. La croissance l’an dernier était la meilleure d’Europe: 5,6%. L’emprunt a été remboursé. La Lettonie a fait tous les efforts notamment budgétaires pour respecter les fameux critères de Maastricht: prix, déficit, dette, taux d’intérêt.

Le troisième pays balte, la Lituanie, va suivre, elle espère rentrer en 2015.

Bruxelles veut croire que cela se passera comme ça en Grèce ou au Portugal. La Lettonie est le bon élève de la rigueur, il est récompensé.

L’entrée dans l’euro n’est une garantie de rien, ni de croissance ni d’emplois. Le débat économique à son sujet est légitime, avant d’entrer. Pour la sortie, il est tout autre: beaucoup trop coûteux à quitter pour revenir à une monnaie nationale. Les Grecs qui y ont songé ont vite renoncé comme l’ont montré les élections.

Mais avant d’y entrer, on peut réfléchir à deux fois. Disons que quand on est parmi trois pays, comme les Baltes, entourés d’amis-partenaires qui font partie de la zone euro ou vont en faire partie, s’exclure est impossible.

Mais sur le fond, les dirigeants font un raisonnement surtout politique. Ils veulent que leur pays adhère comme on épouse une grande famille, pleine de heurts mais rassurante et dans le grand monde dangereux.

E.L.B.

Eric Le Boucher Cofondateur de Slate.fr

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