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Turquie: Merkel exhortée de réagir face à «l'approche fascistoïde» d'Erdogan

Temps de lecture : 2 min

Une affiche anti-Erdogan, place Taksim à Istanbul, le 5 juin 2013.  REUTERS/Stoyan Nenov
Une affiche anti-Erdogan, place Taksim à Istanbul, le 5 juin 2013. REUTERS/Stoyan Nenov

Jusqu'à présent, Berlin fait preuve d'une grande réserve vis-à-vis des manifestations antigouvernementales qui agitent la Turquie. Tout juste le porte-parole d'Angela Merkel s'est borné à dire en début de semaine que l'Allemagne observait la situation avec «inquiétude», tout en affirmant que ce qui se passait ces derniers jours en Turquie n'aurait pas d'incidence sur les négociations au sujet de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

Au-delà du souci de Berlin d'entretenir de bonnes relations souvent mises à mal ces derniers temps avec son partenaire historique, il faut dire que le gouvernement allemand a d'autres priorités en ce début de semaine: il doit faire face aux crues spectaculaires qui frappent durement les régions du sud et de l'est de l'Allemagne. Tandis que la communauté internationale a les yeux rivés sur la Turquie, Angela Merkel pataugeait donc mardi dans les rues inondées de Passau, en Bavière.

Pas de prise de position non plus du côté de l'opposition pour l'instant. A croire que la perspective des élections fédérales de septembre incite chacun à la prudence. En revanche, le président de la communauté turque allemande ne mâche pas ses mots. Dans une interview au quotidien Die Welt, Kenan Kolat dénonce «l'approche fascistoïde» d'Erdogan et exhorte la chancelière à intervenir:

«Elle devrait prendre la parole et faire part à Erdogan de l'inquiétude des Européens et des Turcs vivant en Allemagne au sujet de la situation qui ressemble à une guerre civile dans laquelle se trouvent 68 villes turques.»

La presse allemande s'intéresse néanmoins à la contestation en Turquie. Dans une tribune du journaliste Thomas Schmid parue dans le quotidien de gauche Berliner Zeitung, celui-ci, bien qu'il lui reconnaisse quelques mérites, accuse Recep Tayyip Erdogan de s'être «transformé en sultan». Il estime que si «le durcissement autoritaire du régime» se poursuit, le Premier ministre turc, qui projette de modifier la constitution pour pouvoir être élu à la tête du pays l'an prochain, devra définitivement enterrer son ambition présidentielle.

Une analyse que partagent la plupart des éditorialistes, à l'instar de Rainer Hermann, journaliste au Frankfurter Allgemeine Zeitung:

«Les manifestations turques ne sont pas dirigées contre un régime mais contre une personne: contre le charismatique et bagarreur Erdogan qui, à la manière d'un Poutine, dirige le pays avec autoritarisme à la façon d'un one man show.»

Pour lui aussi, Erdogan est désormais au bord de la chute:

«La contestation montre que la Turquie a changé, qu'une société civile bien vivante, qui ne se laisse plus dicter par le haut, a grandi.»

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