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Mariage gay: la Grande-Bretagne a les mêmes opposants qu'en France, mais en plus ils sont monarchistes

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 05.06.2013 à 16 h 19

La reine Elizabeth le 8 mai 2013. REUTERS/Dan Kitwood

La reine Elizabeth le 8 mai 2013. REUTERS/Dan Kitwood

Les opposants à la loi sur le mariage pour tous sont à peu près identiques dans tous les pays. Avec chaque fois des arguments d’une même subtilité.

En Grande-Bretagne par exemple –où le projet, adopté par la Chambre des communes, est en discussion devant la Chambre des Lords–, on trouve notamment une vingtaine d'arguments, que le site anglais Newstatesman a répertoriés: le mot mariage perdrait tout son sens, le concept de mariage est fait pour les hétéros, les homos n’ont qu’à se démerder et inventer leurs propres notions, la loi est passée dans des conditions politiques contestables... Sans compter qu’elle va bientôt mener à la polygamie et à l’inceste.

On est presque déçus de voir, rétrospectivement, de quel manque d’originalité le cardinal Barbarin, en France, faisait preuve quand il assurait:

«Après, ça a des quantités de conséquences qui sont innombrables. Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l'interdiction de l'inceste tombera.»

Le conservateur Lord Edmiston était dans la même veine en expliquant au Parlement britannique le 3 juin:

«Si nous acceptions l’idée que l’amour est la condition préalable du mariage [et non la procréation], pourquoi devrions-nous le restreindre? S’il n’y a pas de possibilité d’une progéniture génétique, ni la nécessité donc de consommer le mariage, pourquoi des proches parents ne pourraient-ils pas se marier?»

Mais il y a un point de vue d’où se placent les Britanniques et qui a tristement manqué à l’animation du débat en France: le point de vue monarchiste.

Le 3 juin, le conservateur Lord Tebbit s’est en effet lancé au Parlement dans l’élaboration d’une théorie sur les conséquences possibles du mariage gay pour la monarchie... Et si une lesbienne s'installait sur le trône?

«Il n’y a, je crois, rien qui empêche qu’une lesbienne ne succède au trône. Cela pourrait se produire. Ce sera probablement le cas, un jour ou l’autre. Et que se passera-t-il si elle se marie, et que sa femme porte un enfant issu d’une donation de sperme anonyme? Est-ce que ce sera cet enfant-là, l’héritier du trône? Si la reine elle-même, par la suite, porte un enfant issu d’une donation de sperme anonyme, quel enfant alors, s’il faut qu’il y en ait un des deux, sera l’héritier du trône? Les possibilités doivent bien avoir été évoquées lors de l’examen précis de ce projet de loi, le ministre doit donc connaître la réponse. Si elle ne lui vient pas d’emblée, je suis certain que quelqu’un va pouvoir lui souffler, puisque tous les enjeux de la loi ont été examinés à la loupe.»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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