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La France apporte la preuve de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 04.06.2013 à 18 h 56

«La France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée», a annoncé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius dans un communiqué publié le 4 juin. «Nous avons décidé de communiquer aussitôt à la mission compétente des Nations unies et publiquement les éléments en notre possession. Il serait inacceptable que les coupables de ces crimes puissent bénéficier de l’'impunité», poursuit le ministre.

Selon Europe 1, la France s'appuie sur l'analyse d'échantillons de sang. Il s'agirait de ceux ramenés par deux journalistes du Monde en France ainsi que «d’autres échantillons de sang, venant de Syrie, que s’était procurés l’armée française». Le résultat est positif au gaz sarin.

Le régime syrien et les rebelles auraient bien utilisé un cocktail contenant notamment du gaz sarin, considéré comme arme chimique.

La commission d'enquête de l'ONU vient pour sa part d'annoncer qu'elle avait des «motifs raisonnables de penser que des agents chimiques ont été utilisés comme armes» au moins à quatre reprises entre mars et avril, et par les deux camps. Ces présomptions ne découlent pas pour autant d'analyses de terrain, la mission n'ayant pu se rendre sur place, mais de témoignages et documents recoupés. Le rapport accrédite aussi l'usage répété de la torture.

La France serait donc la première puissance à établir une preuve formelle de cette utilisation d'armes chimiques. Les Etats-Unis ont annoncé à plusieurs reprises que l'utilisation d'armes chimiques changerait la donne et constituerait le franchissement d'une «ligne rouge», selon les termes du président Obama, pour ensuite rétropédaler.

L'Union européenne s'est mise d'accord le 27 mai sur une levée conditionnelle de l'embargo sur les armes à destination de l'opposition syrienne, décision qui ne prend toutefois pas effet dans l'immédiat, puisque le Conseil de l'Union européenne doit revoir sa position avant le 1er août 2013, «sur la base d'un rapport de la Haute Représentante, après avoir consulté le Secrétaire général de l'ONU, sur les développements relatifs à l'initiative Américano-Russe et sur l'engagement des partis syriens».

 

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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