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90% des tweets sur la contestation viennent de Turquie

Marion Degeorges, mis à jour le 03.06.2013 à 12 h 24

Carte du SMaPP via The Monkey Cage

Carte du SMaPP via The Monkey Cage

Ils ont pris en main leur contestation. Les manifestants qui ont envahi la place Taksim d’Istanbul dimanche ont également pris d’assaut Twitter. Fait très rare: des scientifiques se sont déjà penchés sur l'utilisation du réseau social pour prendre la température du mouvement.

Dans un post publié sur The Monkey Cage, l’équipe du laboratoire SMaPP (Social Media and Political Participation), de l’université de New York a déchiffré 24 heures sur Twitter, de vendredi 30 mai à samedi 1er juin.

Des printemps arabes à Occupy Wall Street, on n’a cessé de souligner l’influence de Twitter sur les manifestations. Cette fois-ci, en Turquie, elle est phénoménale.

Entre vendredi 16h et samedi 3h du matin notamment, 2 millions de tweets mentionnant le mouvement ont été recensés.

  • #direngeziparki: 950.000 tweets
  • #occupygezi: 170.000 tweets
  • #Geziparki: 50.000 tweets

Même après minuit (heure locale) plus de 3.000 tweets sur le sujet étaient postés chaque minute. Les chiffres sont encore plus impressionnants lorsqu’on réalise que près de 90% de ces messages ont été géolocalisés en Turquie; et 50% depuis Istanbul. 

A titre de comparaison, on estimait que pendant la révolution égyptienne en 2011, 30% des tweets seulement provenaient de l’intérieur du pays.

Par ailleurs ici, 88% des tweets sont écrits en turque. Les utilisateurs tweetent entre eux et pour eux, pas tellement pour la communauté internationale.

Twitter 1-0 Médias?

Cette mobilisation massive sur Twitter a été mise en relation avec une éventuelle faille des médias turcs à couvrir la contestation. Selon les chercheurs du SMaPP, non contents de l’absence des journalistes, les manifestants se sont mis à live-tweeter frénétiquement. D’ailleurs samedi 1er juin, tous les Turcs étaient invités à un boycott par le hashtag #BugünTelevizyonlariKapat: littéralement, éteignez-la télé aujourd’hui, utilisé plus de 50.000 fois (au moment de l'étude, samedi 1er juin).

Sur son blog, le journaliste indépendant Ido Liven nuance la responsabilité des médias. Fait notable pour lui, l’étude du SMaPP est purement quantitative, elle ne précise donc rien sur la signification du phénomène. Pour lui, il est très important de ne pas immédiatement lier l’explosion sur Twitter à l’absence des médias sur le terrain. Cela reste possible, mais pas certain, tant que l’on n’analyse pas le contenu des tweets en question.

D’ailleurs on peut se demander si l’inverse est vrai. S’il y avait beaucoup de journalistes sur place, y aurait-il moins de contenu sur Twitter? La seule chose dont on peut être sûr, c’est que si des reporters traitaient de cette contestation, ils feraient état de certains messages publiés sur Twitter, et à l’inverse, les manifestants réagiraient aux sujets des journalistes sur le fil.

Marion Degeorges
Marion Degeorges (57 articles)
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