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Meurtre «manifestement terroriste» d'un soldat à Londres: la théorie des loups solitaires

La police scientifique sur les lieux du meurtre du soldat à Londres, le 22 mai 2013. REUTERS/Stefan Wermuth.

La presse britannique s'interroge sur la signification à donner au meurtre, mercredi 22 mai, dans le sud-est de Londres, d'un soldat en pleine rue. Deux suspects des faits ont été neutralisés par la police et hospitalisés, une vidéo montrant l'un d'entre eux revendiquer devant des passants son acte au nom d'«Allah le tout-puissant». Dans un pays qui avait connu une des plus importantes vague d'attentats terroristes de la dernière décennie (52 morts le 7 juillet 2005), l'attaque a été qualifiée de «manifestement terroriste» par le Premier ministre David Cameron.

Une attaque d'un genre nouveau en Angleterre, expliquent plusieurs médias. «Les officiers du contre-terrorisme et du renseignement vont sans doute craindre que l'attaque de Woolwich ne s'inscrive dans une catégorie de crimes qu'ils peuvent faire peu de choses pour contrecarrer: venue de nulle part, simple, de type loup solitaire, de gens qui ne figurent pas sur le radar de la police ou du MI5», écrit le Guardian.

Les mots de «loup solitaire» sont également employés par The Independent:

«Il ne paraît pas y avoir eu le moindre indice, selon des sources au sein des agences de renseignement, qu'un tel acte pointait à l'horizon, ce qui mène à la possibilité que cela soit le travail d'un très petit groupe, possiblement les seuls deux suspects qui ont été neutralisés par la police sur la scène du crime.»

Le Telegraph fait la même analyse en expliquant que ce genre d'attaque constitue «la plus grande peur» des services de sécurité britanniques et est le fait «d'une nouvelle génération d'extrémistes islamistes virtuellement impossibles à détecter», des fanatiques qui se sont «autoradicalisés» et dont beaucoup sont inspirés par al-Qaida sans être sous le commandement de l'organisation terroriste. Le quotidien ajoute que l'an dernier, le directeur du MI5 de l'époque, Jonathan Evans, avait expliqué que la principale menace pesant sur le Royaume-Uni était le fait d'«individus isolés».

The Independent note par ailleurs que c'est la première fois qu'un soldat britannique est la cible d'une attaque a priori islamiste dans son propre pays. La cible choisie, la violence de l'attaque, en plein jour et en pleine rue, et les premières descriptions du profil des suspects rappelleront sans nul doute, de ce côté-ci de la Manche, les premières attaques de Mohamed Merah qui, avant d'attaquer une école juive le 19 mars 2012, avait, la semaine précédente, tué trois soldats et blessé grièvement un de leurs camarades à Toulouse et Montauban, citant comme motivation la présence française en Afghanistan.

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