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«Je suis vraiment désolée, mon chou»: les infirmières de Dzhokhar Tsarnaev témoignent

Slate.fr, mis à jour le 20.05.2013 à 10 h 17

Dzhokhar Tsarnaev.

Dzhokhar Tsarnaev.

L’une d’entre elles regardait de vieux épisodes de Friends chez elle, vendredi 19 avril, quand elle a été appelée au Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston pour soigner un patient en urgence. Une autre est arrivée à l'hôpital dans un état de tension extrême après avoir été enfermée chez elle toute la journée à cause de la chasse à l'homme. Leurs histoires sont racontées par le Boston Globe, qui a obtenu le témoignage de sept des neuf infirmières qui ont soigné Dzhokhar Tsarnaev, l’un des deux suspects des attentats du marathon de Boston.

«Il faut que tu le fasses. Il faut que tu le fasses pour que nous puissions avoir des réponses», avait dit le mari de l'une d'entre elles quelques jours plus tôt, quand son épouse s’inquiétait de la possibilité qu’elle puisse avoir à soigner un terroriste. «Je fais ça parce que je suis une infirmière et que je n’ai pas à choisir mes patients», a dit une autre quand on lui a proposé cette tâche.

The Daily Beast rappelait, quelques jours après l’arrestation, un épisode célèbre de l’histoire des Etats-Unis en lien avec cette actualité: en 1865, Samuel Mudd, un médecin, a soigné John Wilkes Booth, l’assassin d’Abraham Lincoln, ce qui lui a valu d'être soupçonné de complicité et une condamnation qui n’a toujours pas été effacée 150 ans plus tard, malgré une grâce présidentielle.

Un risque que ne courent évidemment pas les infirmières de Boston, qui ont néanmoins dû affronter une situation étrange: une des infirmières explique ainsi au Boston Globe avoir lâché par réflexe, comme elle le fait des dizaines de fois par jour, un «I’m really sorry, hon» («Je suis vraiment désolée, mon chou») en déplaçant son patient. Une autre affirme s’être à la fois sentie «désolée» pour ce jeune adulte blessé de 19 ans, mais en même temps qu’elle ne serait pas choquée s’il était condamné à mort.

Après avoir été soigné pendant une semaine au Beth Israel Deaconess, Dzhokhar Tsarnaev a été transféré le 26 avril dans une prison-hôpital de Devens (Massachusetts). Il s’agit, comme l’explique le site de la chaîne ABC, d’un des six hôpitaux des Etats-Unis chargés de soigner les prisonniers inculpés de crimes fédéraux.

Le centre, où plus de 1.000 prisonniers sont détenus, n’a pas prévu de mesures de sécurité supplémentaires pour faire face à l’arrivée de Dzhokhar Tsarnaev. Selon les documents légaux, le suspect souffre de blessures par balles à la tête, au cou, aux jambes et à la main.

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