Cleveland: l'une des rescapées n'était plus inscrite sur les listes de disparus du FBI

Un policier patrouille devant la maison où les trois femmes étaient séquestrées. REUTERS/John Gress.

Un policier patrouille devant la maison où les trois femmes étaient séquestrées. REUTERS/John Gress.

Le nom de Michelle Knight, l'une des femmes séquestrées pendant dix ans, avait été retiré des registres de personnes disparues du FBI quinze mois après sa disparition.

Si l’émotion est retombée dans la ville de Cleveland où trois femmes ont été retrouvées vivantes, dix ans après leur disparition, c’est l’enquête policière déployée pour les retrouver qui est aujourd’hui montrée du doigt.

Si la police a enquêté séparément sur les trois disparitions, les recherches débutées en 2003 au sujet de Michelle Knight l’une des rescapées ont été rapidement freinées. Quinze mois après sa disparition, la police l’a retirée du registre des personnes portées disparues (la «National Crime Information Center Database»), rapporte The Cleveland Plain-Dealer.

La porte-parole de la municipalité, Maureen Harper, s’est expliquée jeudi sur le retrait des listes de Michelle Knight, alors âgée de 22 ans, du registre des personnes disparues. Lorsque les forces de l’ordre ne parviennent pas à joindre la famille de la personne disparue afin de vérifier si elle est rentrée à son domicile, alors le nom est retiré des fichiers, conformément à la procédure habituelle.

C’est, semble t-il, ce qu’il s’est passé pour Michelle Knight. Mais The Cleveland Plain-Dealer nuance cette affirmation: au moment de la disparition de la jeune femme, en août 2002, la procédure d’effacement du registre des disparitions était différente. A cette époque là, un officier devait se rendre au domicile pour voir si la personne portée disparue avait été retrouvée et, le cas échéant, en informer le FBI dans les deux heures pour que le nom soit retiré.

Pour la mère de la jeune fille, Barbara Knight, il s’agit là d’une injustice vis-à-vis de sa fille. Elle estime que l’on a accordé moins d’attention à la disparition de Michelle Knight qu’aux enlèvements de Gina DeJesus (14 ans) et Amanda Berry (16 ans), qui avaient fait la une des journaux. Celle de Michelle Knight, en revanche, avait eu peu d’écho auprès de l’opinion. Sa mère décrit des policiers qui à l’époque, au lieu d’enquêter, avaient freiné leurs investigations en pensant que sa fille avait quitté le domicile familial de son plein gré.

Face à ces déclarations, la porte-parole de la ville, Maureen Harper, a fourni des documents prouvant que la police avait continué ses investigations, alors même que le nom de Michelle Knight avait été retiré des fichiers. En 2003, la police appelle la famille pour savoir si Michelle est rentrée. La même année, un détective rappelle la famille Knight, mais personne ne lui répond.

Un silence qui se confirme après une douzaine d’annotations dans le document. Une note de 2004 rédigée par un officier affirme:

«J’ai essayé de joindre Michelle Knight [...] mais cela n’a rien donné.»

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