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Benetton? Primark? Mango? Pour quels géants du textile l'usine du Bangladesh travaillait-elle?

Primark Gene Hunt via Flickr CC License by

Les aveux arrivent au compte-goutte mais on commence à avoir une idée assez précise de qui sont les géants du textile qui produisaient dans l'usine qui s'est effondrée mercredi 24 avril à Dacca au Bangladesh. Parmi les 3.000 travailleurs de cette usine, 300 sont décédés et 900 restent disparus. Comme le souligne The DailyBeast, sur place, les ONG révèlent petit à petit les noms des groupes étrangers qui passaient commande aux fabricants de Dacca à partir de documents en ligne et de vêtements retrouvés au milieu des débris. Et la liste grossit.

Après Mango et Primark, c'est Benetton qui a reconnu avoir fait produire des vêtements dans cette usine. Le géant italien avait d'abord nié affirmant qu'«aucune des entreprises présentes sur place n'était l'un de (leurs) fournisseurs». Information rapidement démentie avec la publication par l'Associated Press et l'AFP de photos montrant des chemises de la marque au milieu des ruines de l'usine. La marque italienne a alors donné une autre explication:

«En ce qui concerne l'accident tragique à Dacca, au Bangladesh, nous tenons à confirmer qu'aucune des sociétés concernées n'est un fournisseur de l'une de nos marques. Néanmoins, une commande exceptionnelle a été effectuée et envoyée par de l'un des fabricants plusieurs semaines avant l'accident.»

De son côté C&A nie toujours toute implication. Une association de défense de travailleurs du textile, ONG Clean Clothes Campaign, affirme pourtant avoir trouvé des étiquettes de la marque dans les décombres. La société se défend d'avoir eu le moindre lien avec le fabricant depuis 2011. Les mêmes soupçons pèsent sur Carrefour puisque des étiquettes de la marque Tex auraient été retrouvées sur place. Le groupe français a démenti tout lien avec des fabricants «en activité dans cet immeuble».

Le groupe irlandais Primark est pour l'instant le seul à s'être engagé à indemniser les victimes. La marque de vêtements bon marché a indiqué qu'elle verserait à la fois une aide d'urgence et un accompagnement financier de long terme pour les enfants ayant perdu leurs parents dans le drame.  

Les entreprises étrangères se défendent toutefois, insistant sur leurs difficultés à contrôler les conditions de travail sur place. Jamal El Hassani l'expliquait déjà en janvier dans un article publié sur Slate après l'incendie d'une usine dans une autre ville du Bangladesh:

«Les grands groupes sont souvent accusés par des associations de protection des travailleurs de ne pas être assez regardants dans leurs choix de sous-traitants et de ne pas se soucier des conditions de travail et de sécurité. Les usines ne leur appartenant pas, ils ne sont pas responsables devant la loi lorsque ce genre d’accident se produit, puisqu’ils se contentent de passer des commandes.»

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