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Pourquoi la plupart des terroristes et des tueurs de masse sont-ils des hommes?

Daphnée Denis, mis à jour le 26.04.2013 à 10 h 10

Une journaliste américaine soutient que les hommes sont plus enclins à commettre des tueries de masses.

L'image de Dzhokhar et Tamerlan Tsarnaev capturée par les caméras de vidéosurveillance le jour des attentats de Boston.

L'image de Dzhokhar et Tamerlan Tsarnaev capturée par les caméras de vidéosurveillance le jour des attentats de Boston.

C’est la question que pose l’auteure féministe Irin Carmon dans Salon. Elle remarque que ces dernières trois décennies, 61 des 62 tueurs de masse aux Etats-Unis recensés par le site Mother Jones étaient de sexe masculin (citons pour les plus récents Adam Lanza, le jeune tueur de l'école de Sandy Hook, James Holmes, le tireur du cinéma d'Aurora).

Selon elle, les raisons qui poussent un fou à tirer sur la foule, comme celles qui motivent les terroristes, supposément subsumés par un projet politique ou religieux comme les frères Tsarnaev à Boston, ne sont pas si différentes que cela.

Carmon cite un sociologue spécialiste des questions de masculinité, Michael Kimmel, qui a écrit ceci après les attentats du 11 septembre 2001:

«La terreur d’émasculation ressentie par les hommes issus des classes moyennes-basses autour du monde va sans doute continuer, alors qu’ils essayent de se faire une place dans des économies qui rétrécissent et des cultures en perpétuel changement. Ils pourraient continuer de nourrir un ressentiment bouillonnant à l’égard des femmes, dont ils estiment qu’elles sont entrain de leur voler leur place en tête de table, et contre les gouvernements qui les déplacent.» 

Dans le contexte des attentats de Boston, Carmon remarque pourtant que les terroristes tchétchènes constituent «l’exception à la règle»: selon une analyse de 2010, 40% des attentats suicide lors des dix dernières années ont été perpétrés par des femmes. 

Dans la préface de Female Suicide Bombers: Dying for Equality, un livre sur les «veuves noires» tchétchènes, Yoram Schweitzer notait «qu'il existe de nombreux articles d'enquête sur les hommes qui commettent des attentats suicide, mais que les femmes qui font de même reçoivent plus d'exposition médiatique. Cela sert l'idée prédominante selon laquelle les femmes, contrairement aux hommes, doivent forcément avoir des raisons uniques et anormales pour perpétrer des actes si anti-féminins.»

Il continue: 

«A priori, les raisons pour se joindre à un groupe terroriste viennent de graves traumatismes personnels et n'ont rien à voir avec le genre.» 

D.D.

Daphnée Denis
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Journaliste
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