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Les attaques contre des ambassades françaises dans le monde avant l'attentat de Tripoli

Thibault Prévost, mis à jour le 11.06.2015 à 10 h 31

French flag  James Cridland via FlickrCC License by

French flag James Cridland via FlickrCC License by

Mardi 23 avril, l’ambassade de France à Tripoli a subi une attaque terroriste. A 7 heures du matin, une voiture piégée a explosé, blessant deux gendarmes dont l’un grièvement. Si cet attentat n’a pour l’instant pas été revendiqué, le mode opératoire rappelle l’attentat du 11 décembre 2012 contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui avait coûté la vie à l’ambassadeur américain Christopher Stevens.

Les ambassades française avaient pourtant été relativement épargnées par les attaques jusqu’à maintenant, surtout lorsque l’on sait que la France dispose du deuxième réseau d’ambassades et de consulats au monde après... les Etats-Unis.

Ces dernières années, néanmois, la diplomatie française s’est souvent retrouvée menacée, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Pour vérifier cela, nous avons donc recensé les attaques et autres attentats perpétrés contre des représentations françaises, par ordre antéchronologique:

Quand la France est trop «passive» pour les partisans de Bozizé

Le 26 décembre 2012, l’ambassade de France à Bangui (Centrafrique) est la cible d’attaques de manifestants, qui forcent l’armée française à intervenir pour «sécuriser» le périmètre de l’enceinte. La foule, constituée de soutiens au président Bozizé, protestait contre l’attitude «passive» de la France face à l’offensive d’une coalition rebelle dans le pays.

Une ambassade caillassée à cause de Charlie Hebdo

Le 2 octobre 2012, c’est l’ambassade de France à Téhéran (Iran) qui est attaquée par des dizaines de manifestants iraniens, qui entendent protester contre la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Le bâtiment sera caillassé et une trentaine de manifestants sera arrêtée.

Les pro-Assad assaillent l'ambassade pendant trois jours

Les 10, 11 et 12 juillet 2011, l’ambassade de France à Damas (Syrie) subit, pendant trois jours, les attaques d’une foule hostile composée de partisans du président Bachar el-Assad, mécontents du rapprochement entre les rebelles syriens et les diplomates français et américains. Après des tirs de sommation, les gardes de l’ambassade tirent à balles réelles sur les assaillants pour les faire reculer, sans qu’aucune victime ne soit signalée.  La France avait ensuite critiqué la «passivité» des autorités syriennes –qui, sur le coup, n'avaient pas brillé par leur rapidité d'action– et convoqué l’ambassadeur syrien à Paris pour protester contre les «outrages» qui lui étaient faits. Le 2 mars 2012, la France ferme son ambassade à Damas et rapatrie son personnel.

A Bagdad, un convoi saute sur une bombe

Le 20 juin 2011, un convoi de l’ambassade de France saute sur une bombe dans le sud de Bagdad, blessants sept personnes –quatre gardes irakiens de l’ambassade et trois passants. L’attentat se produit à quelques rues à peine de la résidence de l’ambassadeur de France, Denis Gauer, et n’est jamais revendiqué.

Tirs de mortier à Abidjan

8 avril 2011, Abidjan. En plein conflit de succession entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, la ville s’enflamme. Dans le quartier chic de Cocody, l’ambassade de France reçoit deux tirs de mortier et un tir de roquette depuis des positions tenues par des fidèles de Laurent Gbagbo, sans blesser personne. La France, qui soutient le candidat Ouattara, est prise pour cible par les pro-Gbagbo, entraînant l’exfiltration des diplomates et ressortissants français à Abidjan. Laurent Gbagbo sera finalement arrêté le 11 avril.

A Bamako, une bonbonne de gaz explose devant l'ambassade

Le 5 janvier 2011, une bonbonne de gaz explose devant l’ambassade de France à Bamako, blessant deux personnes, avant que des tirs ne ricochent sur le portail du bâtiment. Un Tunisien de 25 ans, Bachir Sinoun, lié à Aqmi, est arrêté. Il motive son geste par «une haine personnelle à l’égard de la France».

Attentat-suicide en Mauritanie, signé Aqmi

Le 8 août 2009, dans la capitale de la Mauritanie, Nouakchott, un jeune kamikaze mauritanien de 22 ans, Abu Obeida Musa al-Basri, tente de pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade avant de faire détoner sa ceinture d’explosifs, blessant légèrement deux gendarmes français –qui faisaient un jogging– et une Mauritanienne. Al-Qaida au Maghreb islamique revendique l’attentat.

Bien avant: 1961, l'ambassade de Rabat est saccagée

12 novembre 1961, Rabat (Maroc). A la suite des attentats de l’OAS en Algérie, l’ambassade de France au Maroc est assaillie par des sympathisants du FLN algérien (dont certain leaders sont réfugiés à Rabat), avant d’être entièrement saccagée. Peu de traces de l’attaque sont aujourd’hui disponibles, excepté cette vidéo, qui montre l’ampleur des dégâts.

L’attaque à Tripoli s’inscrit dans un contexte de regain de violence à l’encontre des représentations françaises à l’étranger, notamment depuis l'intervention de l'armée au Mali. Laurent Fabius, qui doit se rendre sur les lieux de l’attaque, a d’ores et déjà condamné l’attentat «avec la plus grande fermeté».

T. P.

Thibault Prévost
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