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Ils offrent des fusils d'assaut à leurs fans, Facebook ferme les pages

Daphnée Denis, mis à jour le 23.04.2013 à 10 h 56

Le réseau social vient de bannir les pages de certains fabricant d'armes qui faisaient des loteries promotionnelles offrant des fusils et des munitions à leurs fans.

Un homme teste un pistolet de la marque autrichienne Glock dans un magasin de Phoenix dans l'Arizona, le 20 décembre 2012. REUTERS/Ralph D. Freso

Un homme teste un pistolet de la marque autrichienne Glock dans un magasin de Phoenix dans l'Arizona, le 20 décembre 2012. REUTERS/Ralph D. Freso

Vous ne rêvez pas: des fusils d’assaut, en particulier des AR-15, l’arme utilisée par Adam Lanza lors du massacre de Newtown, sont offerts comme articles promotionnels sur des douzaines de pages Facebook, comme le rapporte la start-up américaine Vocativ.

Les loteries promotionnelles d’armes d’assaut ont explosé depuis la fusillade du Connecticut, où 20 enfants ont été abattus. Vocativ explique:

«Dans ces concours, des fabricants d’armes offrent des fusils gratuits, des accessoires et des munitions aux individus qui “likent” ou partagent le contenu de certaines pages, utilisent une application, ou cliquent simplement sur le lien d’un site Internet.»

Capture d'écran de la page de 556 Tactical LLC

Capture d'écran de la page d'AR15News.com

AR15News.com, en particulier, a organisé un grand nombre de concours de la sorte. Son «cadeau» le plus récent était un AR 15 Adams Arms ainsi que des accessoires de la même marque.

Depuis que l’article de Vocativ a été publié, Facebook a fermé les pages d’au moins cinq groupes (dont celle d’AR15News), souligne The Daily Dot. Le réseau social le plus populaire du monde a, effectivement, affirmé que de telles publicités violent ses conditions d’utilisation, qui précisent: «Les publicités ne peuvent pas promouvoir la vente d’armes ou d’explosifs.»

«Facebook veut créer un environnement sûr pour toutes les personnes qui utilisent nos services», a ajouté la société dans un communiqué de presse envoyé à Vocativ.

La fermeture de ces pages va avoir de sérieuses conséquences financières pour les fabricants d’armes, dont les ventes dépendent de plus en plus des réseaux sociaux.

«On ne nous a même pas prévenus, notre page a juste... disparu», s’est plaint à une filiale locale d’ABC Erik Lowry, le directeur de Pittsburgh Tactical firearms dont la page fait partie de celles supprimées. Jusqu’ici, la compagnie faisait 40% de ses profits grâce à Facebook, puisque sa page était suivie par plus de 27.000 fans.

Reste que la dernière fois que les médias ont parlé d'Eric Lowry, celui-ci se vantait, sur les ondes de la station radio locale de Pittsburgh KDKA, d’avoir «vendu 95% de (son) stock» deux jours après la fusillade de Newtown. Il affirmait alors: 

«Les citoyens devraient avoir le droit de s’armer contre un gouvernement tyrannique et ils devraient, dans cette idée, avoir le droit d’obtenir le même genre d’arme à feu que les militaires.»

Le Sénat américain lui a donné (partiellement) raison le 17 avril 2013 en rejetant une loi qui aurait rendu obligatoires les vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques avant l'achat d'armes dans des foires spécialisées et sur Internet.

D.D. 

Daphnée Denis
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