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Les terroristes sont-ils souvent des frères?

Les frères El Bakraoui

Les frères El Bakraoui

Les deux principaux suspects des attentats de Bruxelles du 22 mars sont frères. Et il n'est pas rare que des fratries se soudent pour commettre des actes terroristes.

Cet article avait été initialement publié en 2013 après les attentats de Boston dans lesquels étaient impliqués les frères Tsarnaev. Il a été mis à jour après les attaques de Bruxelles du 22 mars.

Une première identification. Selon les informations de la RTBF, les frères El Bakraoui font partie des kamikazes des attentats de Bruxelles. «Ibrahim aurait servi de bombe humaine lors de l’attentat contre l’aéroport de Zaventem qui a fait une dizaine de morts et une centaine de blessés. L’autre frère, Khalid, serait le kamikaze qui a perpétré le carnage dans le métro à hauteur de la station Maelbeek», explique le journal belge.

Avant cela, pour les attentats de 2015 perpétrés en France, deux fratries avaient déjà été impliquées: celle des Kouachi pour les attaques de Charlie Hebdo en janvier, puis celle des Abdeslam pour le 13 novembre.

Y a-t-il d’autres cas de frères travaillant ensemble pour commettre des attaques terroristes?

En 2013 à Boston, les frères d’origine tchétchène Dzhokhar Tsarnaev, âgé de 19 ans, et Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, étaient les instigateurs du double attentat du marathon de Boston

Avant cela, selon le rapport de la Commission sur le 11-Septembre, six des dix-neuf pirates de l’air ayant pris part aux attaques du 11-Septembre étaient des frères. Chaque équipe de frères travaillait ensemble. Les frères Hamza et Ahmed al-Ghamdi faisaient partie des pirates de vol United Flight 175. Ils étaient assis côte à côte sur les sièges 9C et 9D. Le vol 11 d’American Airlines fut détourné par des frères également: Waleed et Wail al-Shehri, qui étaient assis l’un près de l’autre. Sur le vol American Airlines 77, les frères Nawaf al Hazmi et Salem al Hazmi étaient aussi côte à côte, avant que l’avion ne s’écrase sur le Pentagone. Beaucoup d’autres attaques, sur le sol américain et à l’étranger, ont été organisées par des fratries.

Lors du complot de 2007 sur Fort Dix, trois des conspirateurs –Shain Duka, Dritan Duka, et Eljvir Duka– étaient frères. Un quatrième homme, Agron Abdullahu, condamné pour des motifs liés au complot, était le beau-frère d’Eljvir Duka. Fin 2012, deux frères du sud de la Floride, Sheheryar Alam Qazi, alors âgé de 30 ans, et Raees Alam Qazi, âgé de 20 ans, furent accusés d’avoir fomenté une attaque avec arme de destruction massive sur le sol américain.

Les experts du contre-terrorisme estiment que beaucoup de groupes terroristes incluent l’«image du grand frère» qui convertit les autres et mène la danse. Il ne s’agit pas toujours d’un grand frère au sens littéral, néanmoins cela a souvent été le cas. Dans le cas des attaques de 2002 à Bali, qui a fait 202 morts, trois des responsables étaient des frères: Ali Imron, Amrozi Nurhasyim et Ali Ghufron. Le frère le plus âgé, Ali Ghufron, a recruté ses frères cadets et a été exécuté pour avoir été l’organisateur principal. 

Deux membres de ce que l’on appelle «Portland Seven», et qui furent reconnus coupables d’avoir essayé d’entrer en Afghanistan pour se battre avec les Talibans après le 11-Septembre, étaient frères. Ils plaidèrent tous les deux coupables en 2003 mais l’avocat du plus jeune frère essaya de démontrer que son client ne faisait que suivre le chemin tracé par son grand frère. L’avocat de Shujah Mahmood, le plus jeune prévenu accusé en 2004, dans une affaire d’attentat à la bombe fomenté en Grande-Bretagne, plaida, de manière similaire, que son client n’était qu’«utilisé comme un homme à tout faire» et «complètement éclipsé» par son grand frère, Omar Khyam. Mahmood n’avait que 16 ans au début du complot. Et il fut acquitté.

Les experts du contre-terrorisme suggèrent que l’élément le plus pertinent à noter n’est pas que les terroristes conspirent souvent avec leurs frères, mais plutôt que, dans la plupart des cas, ils tendent à se rassembler dans de petits groupes de pairs, qu’il s’agisse de leur famille, d’amis, ou de voisins. En se soudant, les hommes se mettent à se convaincre de plus en plus, à s’inciter à commettre des actes extrêmistes, et la dynamique de groupe est cruciale dans cette radicalisation. Ce n’est pas vrai seulement lorsqu’il s’agit de violence politique. Dans des cas comme Columbine, les tueurs étaient dans une logique similaire, réunis dans un cercle au sein duquel ils avaient inventé leur propre monde. Le terroriste véritablement solitaire est lui, en revanche, assez rare.

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