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Giorgio Napolitano réélu président

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 20.04.2013 à 18 h 41

Peut-il sortir l'Italie de la crise politique?

Giorgio Napolitano le 12 avril 2013 à Rome. REUTERS/Italian Presidency Press Office

Giorgio Napolitano le 12 avril 2013 à Rome. REUTERS/Italian Presidency Press Office

Le président italien vient d'être réélu président. Giorgio Napolitano, qui avait exprimé son souhait de ne pas être reconduit à la tête de l'Etat (notamment en raison de ses 87 ans) avait finalement cedé aux pressions dans la matinée, acceptant de briguer un second mandat. Il a largement recueilli la majorité absolue des suffrages des 1 007 grands électeurs italiens samedi dans l'après-midi.

Toute la matinée, tous les bords politiques sauf le mouvement M5S, l'avaient prié de rester, «dans l'intérêt supérieur du pays», comme l'a dit le chef du gouvernement sortant Mario Monti, car le pays est dans une situation dramatique et ne se trouvait pas de président.

Depuis les législatives de février, qui avaient échoué à désigner une majorité claire et à même de diriger le pays, l'Italie continue de s'enfoncer, progressivement, dans une crise politique majeure. «La République est suspendue au-dessus du vide», titrait samedi matin le Corriere della Sera.

L'AFP résume:

«Les élections législatives de fin février ont débouché sur une équation insoluble avec la gauche qui a la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat, divisé en trois blocs de forces qui se neutralisent mutuellement: la gauche, la droite berlusconienne et le M5S. Cette situation contraint le pays à aller de l'avant avec un gouvernement démissionnaire depuis quatre mois et sans perspective claire dans un proche avenir.»

La responsabilité de la gauche

Dans un éditorial, la Repubblica ajoute ce samedi: «Il ne manque pas seulement une majorité, et un gouvernement: le Parlement est même incapable d'élire un chef de l'Etat. (...) Le système est bloqué. Mais il faut dire aussi que l'épicentre de la crise est le Parti démocratique [Pd]. En l'espace de quelques jours, le Pd a poussé dans la bataille pour le Quirinale un homme aussi âgé et respectable que Franco Marini, jeté sur le ring sans conviction ni préparation, avec pour seul dénominateur commun une entente avec Berlusconi, honnie et rejetée par la base du Parti.»

Jeudi, l'Italie a en effet assisté à l'échec de Franco Marini, candidat au poste de président soutenu par le PD et la droite de Silvio Berlusconi. Puis est venue la candidature prestigieuse et austère de Romano Prodi, seul homme de gauche à avoir deux fois battu Berlusconi aux élections. Officiellement, une ovation l'a saluée. Dans le secret des urnes, plus de cent grands électeurs du PD (le parti qui le proposait!) ont voté contre lui. La Repubblica retient une seule explication: «la médiocrité d'un groupe dirigeant et d'une classe parlementaire qui ne répond plus à rien, même pas à l'instinct de survie».

Le rôle du président, en Italie, est théoriquement surtout honorifique. Mais dans une période pareille, il lui incombe de permettre au pays de se relever politiquement. Et il dispose d'une arme forte: la possibilité de dissoudre le Parlement.

C.P.

L'article a été mis à jour à 18H35.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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