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Boston: Dzhokhar Tsarnaev, un ado «normal» et «très gentil» d'après ses camarades

Emily Bazelon, mis à jour le 19.04.2013 à 18 h 45

Deux anciens camarades de classe racontent leurs souvenirs du jeune homme.

Le profil de Djohar Tsarnaev, qui serait celui de Dzhokhar Tsarnaev, le suspect recherché par la police dans les attentats de Boston, sur le réseau social Vkontakte (VK). REUTERS/Alexander Demianchuk

Le profil de Djohar Tsarnaev, qui serait celui de Dzhokhar Tsarnaev, le suspect recherché par la police dans les attentats de Boston, sur le réseau social Vkontakte (VK). REUTERS/Alexander Demianchuk

Deux amis de ma famille –Sam et Nathan Greenberg– sont allés au lycée à Cambridge Rindge and Latin avec Dzhokhar Tsarnaev, le suspect de 19 ans dans les attentats de Boston, toujours en fuite.

Ils disent tous les deux qu’ils n’arrivent pas à associer la terreur qu’on l’accuse d’avoir semé cette semaine avec le garçon qu’ils ont vu au sport et à l’école.

«Il était très gentil», m’a dit au téléphone Sam Greenberg, en troisième année à Harvard. Sam a joué au foot avec Dzhokhar pendant un an, et trainait avec lui de temps en temps après l’école.

«Il était plutôt silencieux. Il n’avait pas grand-chose à dire mais il était très normal, il semblait être un garçon gentil.»

Sam se rappelle que Dzhokhar avait plein d’amis:

«Je ne sais pas s’il avait des amis proches, mais il était copain avec plein de gens. C’est très étrange de savoir maintenant qu’il a fait ça. En parlant avec mes amis qui le connaissaient, certains d’entre eux mieux que moi, il y a un consensus fort autour du fait qu’il était plutôt normal.»

Ce récit correspond à ce qu’ont dit d’autres anciens camarades de classe.

Sam dit que «tout le monde savait qu’il venait de Russie, ou de quelque part dans le coin», et que Dzhokhar avait un accent, mais «pas très fort». Il parlait bien anglais et, à l’époque se faisait appeler Jahar. Il était le contraire d’un solitaire. Sam se rappelle de lui en 2008-2009, il n’est pas certain de si Dzhokhar est arrivé à Rindge et Latin cette année-là, ou plus tôt.

Nathan Greenberg m’a dit:

«Je me rappelle simplement l’avoir vu dans l’équipe de lutte, c’était juste un de ces garçons normaux. Il avait l’air sympa. Il trainait avec des gens que je savais sympa. C’est bizarre. Quand je pense à cette classe, c'étaient les ados typiques. J’ai vu des photos de lui à une fête avant un bal de promo sur Facebook, et c’est un mélange d’ados, tout simplement.»

Dzhokhar et sa famille étaient apparemment des réfugiés du Daghestan, sur la frontière est de la Tchétchénie, qui ont vécu plusieurs années au Kazakhstan avant de venir aux Etats-Unis.

Il ne semble pas qu’il soit resté avec d’autres enfants immigrés au lycée, ni avec des jeunes de Russie ou des régions proches. Ni Sam ni Nathan ne l’ont entendu mentionner son frère aîné, Tamerlan, le boxeur et ancien élève de 26 ans de Bunker Hill Community College qui est mort la nuit dernière dans un affrontement avec la police.

En connaissant simplement Dzhokhar et non son grand frère, Nathan a dit à propos de la violence de cette semaine:

«Je n’y comprends absolument rien.»

Emily Bazelon

Traduit par Cécile Dehesdin

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