C'est dans l'actuMonde

Attentat de Boston: Comment l’enquête terroriste va-t-elle se dérouler?

Daphnée Denis, mis à jour le 17.04.2013 à 10 h 07

Les enquêteurs vont se reposer sur la technologie et les preuves légistes plutôt que sur des interrogatoires.

Des agents du FBI se rendent sur la scène des explosions, à Boston, 15 avril 2013.	 (REUTERS/Neal Hamberg)

Des agents du FBI se rendent sur la scène des explosions, à Boston, 15 avril 2013. (REUTERS/Neal Hamberg)

Barack Obama a affirmé mardi 16 avril que le FBI menait une «enquête terroriste» pour trouver le ou les responsables des deux explosions à la fin du marathon de Boston, qui ont tué trois personnes et blessé plus de 180 victimes. Comment l’enquête va-t-elle se dérouler?

Richard Clarke, l’ancien coordinateur national pour la sécurité, la protection des infrastructures et le contre-terrorisme au Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis entre 1998 et 2003, a fourni une explication détaillée sur son compte Facebook (en mode public) et sur ABC News.

Clarke précise notamment que même si les enquêteurs ont commencé à interroger des milliers de témoins, le gros du travail du FBI et des détectives déployés sur l’affaire reposera probablement «sur des preuves techniques et légistes».

C’est pour cela que les autorités ont demandé à toutes les personnes présentes de fournir leurs photos et leurs vidéos du marathon, dans l’espoir de détecter un suspect ou de voir le moment où les bombes ont été posées sur la ligne d’arrivée de la course.

Si les enquêteurs distinguent des visages de potentiels suspects, ils feront appel à des logiciels de reconnaissance faciale et aux bases de données constituées par les visas, les passeports et les permis de conduire des personnes présentes sur le sol américain. Clarke ajoute que, dans le cas de l’opération de Dubaï du Mossad en 2010, les Emirats Arabes ont ainsi reconstitué l’assassinat du leader du Hamas Mahmoud al-Mahbouh.

Deuxième étape, les enquêteurs du FBI et de la National Security Agency (NSA) vont regarder les archives d’appels dont la NSA maintient la liste. Leur but, cette fois-ci, sera de vérifier si les bombes ont été déclenchées par un ou des appels téléphoniques. Les détectives chercheront donc des appels de portables prépayés, donc anonymes, ou des appels faits depuis des cabines. Pour retrouver les personnes qui ont effectué ces appels, les détectives regarderont également les vidéos de surveillance des supermarchés où on peut acquérir ce type d’appareil.

En troisième lieu, le FBI va essayer de reconstituer les bombes en rassemblant le plus d’éclats possibles sur la scène des explosions mais également (et malheureusement) sur les membres amputés ou blessés des victimes. Une fois les bombes reproduites, l’enquête essaiera de déterminer si le ou les responsables de l’attentat se sont inspirés de conseils pour confectionner des explosifs d’un site web spécifique.

Ensuite, le département de Sécurité intérieure va vérifier l’identité de toutes les personnes qui ont pris un vol pour quitter Boston immédiatement après l’attaque –notamment pour aller à l’étranger. C’est ce qu’avaient fait les hommes derrière le bombardement du World Trade Center en 1993, précise Clarke.

Enfin, le FBI va contacter tous ses informateurs infiltrés dans des groupes islamistes, d’extrême droite ou néo-nazis. A moins que les bombes n’aient été placées par un fou solitaire (ce qui, selon Clarke, est tout à fait possible), les responsables parleront de leur «exploit» tôt ou tard. Reste à espérer que les coupables se vantent auprès de la mauvaise personne, et soient donc dénoncés.

D.D.

Daphnée Denis
Daphnée Denis (114 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte