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Attentats de Boston: Comment construire des bombes avec des cocottes-minute

Temps de lecture : 2 min

Les explosifs du marathon de Boston auraient été confectionnés avec des cocottes-minute, une technique artisanale très répandue en Afghanistan, au Népal et au Pakistan.

Deux personnes présentes lors des explosions à Boston. (REUTERS/Jessica Rinaldi)
Deux personnes présentes lors des explosions à Boston. (REUTERS/Jessica Rinaldi)

On attend toujours de savoir le qui et le pourquoi, mais il semble que les enquêteurs du FBI se rapprochent du comment. Des sources officielles du gouvernement qui ont été briefées sur l’enquête des explosions du marathon de Boston ont révélé au New York Times (ainsi qu’à l’Associated Press manifestement) que les autorités lient au moins l’une des explosions à des bombes confectionnées à l’aide de cocottes-minute contenant des clous, des douilles et des éclats de métal à la shrapnel. Selon ces sources, les explosifs étaient probablement cachés dans des sacs abandonnés sur le parcours de la course.

Associated Press rappelle qu’on a déjà eu affaire à des bombes faites maison de ce genre: ce type d’explosif «cocotte-minute» est utilisé en Afghanistan, en Inde, au Népal et au Pakistan selon un rapport secret du FBI et du département américain de Sécurité intérieure publié en juillet 2010. [Et aussi lors de l'attentat à Paris boulevard Richard-Lenoir en 1995, NDE]. L’un des trois engins utilisés dans la tentative de bombardement de Times Square de mai 2010 était une cocotte-minute, ajoute le rapport secret. «Placés soigneusement, ces engins ne donneront pas l’alarme quant à une attaque imminente», poursuit le rapport.

Selon le département de Sécurité intérieure, transformer une cocotte-minute en un engin explosif improvisé est une technique «communément enseignée dans les camps d’entraînement terroriste en Afghanistan» –une information qui risque d’encourager les spéculations selon lesquelles l’attaque a été planifiée par un groupe terroriste international.

Reste que les Américains n’ont pas à chercher très loin dans leur mémoire pour trouver la preuve que les spéculations sont souvent fausses. Pas plus tard que lundi, le jour des explosions, le tabloïd New York Post rapportait qu’un ressortissant saoudien était un suspect. Et maintenant, il s’agit d’un témoin –les agents du FBI disent qu’ils n’ont aucune raison de croire qu’il ait été impliqué. Pour l’instant, nous devrions donc traiter la cocotte-minute comme un indice parmi d’autres –des pistes qui n’ont pour pas élucidé l’identité ni les motifs de l’attaque.

Les talibans du Pakistan, qui avaient revendiqué l’attentat avorté de Times Square en 2010, ont nié avoir eu un rôle dans les explosions du marathon de Boston.

Selon le département de Sécurité intérieure, la recette des bombes en cocotte peut-être assez simple. En général, ces bombes sont confectionnées en plaçant du TNT ou autres explosifs dans une cocotte-minute à laquelle on attache un détonateur. La taille de l’explosion dépend de la taille de la cocotte-minute et de la quantité d’explosifs qu’elle contient. Puisque l’engin est fabriqué avec les matériaux du bord, il peut être aussi simple ou aussi complexe que son constructeur le décide. Ce genre de bombe peut partir de composants électroniques très simples comme des montres digitales, des télécommandes de portes de garage, des téléphones portables ou encore des pagers.

Emma Roller

Traduit par Daphnée Denis

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