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Aux Etats-Unis, cinquante complots terroristes ont été déjoués depuis douze ans

Thibault Prévost, mis à jour le 16.04.2013 à 16 h 28

 Counter-Strikemgrybos via FlickrCC Licence by

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Les explosions qui ont eu lieu lundi sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston, faisant 3 morts et des centaines de blessés, sont les dernières d’une longue liste d’attaques recensées depuis le 11 septembre 2001 et le renforcement de la lutte anti-terroriste américaine.

Avec la mise en place du Patriot Act aux accents liberticides, signé par l’administration Bush après les attentats du World Trade Center et sans cesse prolongé depuis, les organismes de lutte contre le terrorisme ont désormais un pouvoir quasi-illimité. La loi permet entre autres de détenir sans limites et sans inculpation toute personne soupçonnée de projet terroriste sur le sol américain, ainsi que la perquisition sans accord ni présence du suspect.

Et ils sont nombreux, depuis les attaques du World Trade Center, à avoir planifié, tenté ou raté un attentat aux Etats-Unis: la fondation Heritage, un think tank conservateur, en dénombrait cinquante dans son rapport du 25 avril 2012, et en faisait même une infographie.

Bien évidemment, les données changent selon les organisations, car chacun considère différemment le degré de dangerosité réel d'une menace, ce qui rend les estimations un peu aléatoires. A la lecture du rapport de la fondation Heritage, cependant, il est difficile de considérer une seule de ces menaces comme infondée.

2011, un bon cru pour l’antiterrorisme

Qu’apprend-on de ces données? Que le nombre de tentatives avortées est en augmentation. Le rapport s’arrêtant à avril 2012, les chiffres de l’année dernière ne sont pas encore connus, mais 2011 est l’année qui a vu l’antiterrorisme américain déjouer le plus de complots (8 au total, pour 11 arrestations). Et les deux années précédentes n’étaient pas plus calmes: en 2009 et 2010, 7 attaques ont été évitées par les services gouvernementaux, qui ont interpellé 27 responsables présumés. A titre de comparaison, en 2002 et 2003, «seules» deux et cinq tentatives d’attentats ont été empêchées.

Avec une moyenne de cinq tentatives déjouées par an sur les douze dernières années, le terrorisme est donc plus présent ces trois dernières années qu’à l’époque des attentats du 11-Septembre. A moins que ce ne soient les services de sécurité qui fassent plus efficacement leur travail. 2012 a pourtant déjà connu son lot d’attentats, avec les tueries d’Aurora et de Newtown...

The Inside Job

A l’étude des chiffres donnés par la fondation Héritage, il apparaît que la cible privilégiée des terroristes reste New York, qui apparaît onze fois dans la liste des cibles. Métros, immeubles, ponts, gare ou monuments (Times Square en tête)... la Grosse Pomme, symbole inoxydable de la démesure américaine et de son système de consommation, est la cible rêvée des terroristes de tous bords. Objet de fantasmes constamment médiatisé et véritable fourmilière humaine, New York offre un décor de choix pour médiatiser l’évènement... et maximiser le nombre de victimes.

Pour compléter le podium des cibles les plus envisagées, ajoutons les avions –un choix étonnant, car si le procédé a fait ses preuves par le passé, les aéroports sont devenus de vraies forteresses– et la capitale, Washington DC, qui concentre les hauts lieux de l’histoire américaine, la Maison Blanche en tête –bien qu’aucun des plans déjoués depuis douze ans n’implique de viser directement le président des Etats-Unis ou sa demeure. Boston n'apparaît pas dans la liste.

Enfin, si l’on évoque souvent la piste al-Qaida –et plus généralement celle des pays de l’«Axe du Mal» cher à Georges W.Bush– lorsqu’une bombe explose sur le sol américain, la fondation Heritage s’attarde sur un chiffre, précisant que «sur ces 50 complots terroristes, au moins 42 peuvent être considérés comme des menaces de terrorisme national». Après les récentes tueries survenues aux Etats-Unis, la thèse du terrorisme américain –et notamment des mouvements suprémacistes blancs– plane sur les attaques de Boston. Le choix du Patriots' Day, qui cristallise la haine des anti-gouvernement, pourrait plaider dans ce sens, même si l'on ne peut, à ce stade de l'enquête, exclure aucune piste.

Thibault Prévost
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