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Boston: un impact humain et médiatique maximal

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 16.04.2013 à 14 h 01

En termes de victimes potentielles comme de couverture médiatique professionnelle ou amateur, la ligne d'arrivée du marathon et l'heure des explosions laissent penser que ces détails ont été calculés. L'impact émotionnel est décuplé du fait que le marathon était dédié aux victimes d'un précédent drame, celui de Newtown.

Une du Washington Post, 16 avril 2013.

Une du Washington Post, 16 avril 2013.

C'est 4 heures et 9 minutes après le départ du marathon de Boston que les deux bombes ont explosé lundi 15 avril vers 14h50 heure locale, 20h50 à Paris, causant la mort d'au moins trois personnes alors plus de cent coureurs et spectateurs ont été blessés par les déflagrations.

Or, comme on vous le faisait déjà remarquer, l'explosion a eu lieu au pire endroit et au pire moment. Sachant que le marathonien moyen de Boston a fini sa course en 4 heures et 18 minutes l'année dernière, on peut émettre l'hypothèse que l'heure de l'explosion a été calculée pour causer le maximum de dommages, à un moment où il y aurait statistiquement le plus de coureurs (et sans doute de spectateurs) au niveau de la ligne d'arrivée, écrit le Pacific Standard.

La ligne d'arrivée mitraillée par les producteurs d'image

Il ne s'agit pas seulement d'un lieu public à forte affluence, mais d'une scène occupée par des dizaines de professionnels de l'image qui se tenaient prêts à capturer les événements (des membres de la presse, mais aussi des professionnels qui prennent des images pour les vendre aux coureurs comme souvenir de leur course).

Les amateurs présents au moment des explosions ont aussi amplifié la résonance médiatique de l'événement. Des dizaines, sinon des centaines d'utilisateurs de Twitter, de photographes amateurs armés de leurs smartphones ont capturé les explosions alors qu'ils s'apprêtaient à photographier ou filmer l'arrivée d'un proche.

L'application vidéo de Twitter, Vine, appli «star» de la journée, a permis à des spectateurs ou participants de filmer de courtes boucles de quelques secondes au moment des déflagrations.

Un coureur équipé d'une caméra miniature GoPro fixée à son front a filmé la première explosion.

Des rescapés de la tuerie de Newtown aux premières loges

Enfin, triste symbole, l'édition 2013 du marathon de Boston était dédiée aux 26 victimes de la tuerie de l'école de Sandy Hook à Newtown (Connecticut) en décembre 2012. Chacun des 26,2 miles de la course était dédié à l'une des 26 victimes: les 20 premiers pour les 20 enfants de l'école, les 6 derniers pour les 6 éducateurs. Les coureurs ont observé 26 secondes de silence avant le départ de la course en souvenir de ces victimes.

Un t-shirt du groupe de sportifs de Newtown qui a couru à Boston, avec les noms des 26 victimes de la tuerie de décembre 2012

La ville a d'ailleurs envoyé une dizaines de coureurs à Boston. Tous seraient saufs. Quant aux survivants de la tuerie et aux familles des victimes, ils étaient invités à suivre l'arrivée du marathon depuis l'espace VIP, près de la ligne d'arrivée.

J.-L.C.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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