C'est dans l'actuMonde

Autorité palestinienne: Mahmoud Abbas accepte la démission du Premier ministre Salam Fayyad

Cécile Chalancon, mis à jour le 13.04.2013 à 20 h 48

Le président palestinien Mahmoud Abbas se tenant derrière Salam Fayyad lors de la cérémonie d'investiture de ce dernier à Ramallah, le 19 mai 2009. Fadi Arouri/REUTERS

Le président palestinien Mahmoud Abbas se tenant derrière Salam Fayyad lors de la cérémonie d'investiture de ce dernier à Ramallah, le 19 mai 2009. Fadi Arouri/REUTERS

Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a accepté la démission de Salam Fayyad du poste de Premeier ministre ce samedi 13 avril 2013.

Selon l'AFP, Salam Fayyad «avait auparavant fait part de son intention de jeter l'éponge, usé par cinq années passées à tenter de donner naissance à un Etat de Palestine souverain et viable».

Le dernier différend opposant Mahmoud Abbas à Salam Fayyad concernait la démission du ministre des Finances Nabil Qassis, le 2 mars. Démission acceptée par Fayyad (qui assumait le portefeuille des Finances avant la nomination de Nabil Qassis) mais pas par Abbas.

Salam Fayyad avait le soutien des occidentaux et notamment des Etats-Unis. Le correspondant d'El Watan à Gaza décrivait ainsi la situation avant la démission du Premier ministre: 

«Les Etats-Unis et l’Union européenne, les principaux pourvoyeurs de fonds de l’Autorité palestinienne, ne tarissent pas d’éloges, lorsqu’ils évoquent cet ancien haut fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI), diplômé des universités américaines. Selon eux, Salem Fayyad est celui qui aurait réussi le pari difficile d’assainir les finances de l’Autorité palestinienne qui était prise à la gorge par une corruption généralisée. Ils estiment aussi que c’est le Premier ministre palestinien qui a également mis en place les institutions et les organismes sur lesquels se fondera tout prochain Etat palestinien indépendant. La preuve, lors de sa visite récente au Proche-Orient, le président américain, Barack Obama, a cité Fayyad au même titre que Abbas comme “un véritable partenaire” dans le processus de paix qu’il espère voir redémarrer.»

Mais El Watan soulignait que le Fatah voulait «la peau» du Premier ministre. Le mouvement le rendait responsable de la crise financière qui frappe la Palestine depuis des mois. Comme Kristell Bernaud le soulignait dans Slate.fr en novembre 2012, les Palestiniens sont préoccupés par la crise économique:

«L’économie de Ramallah est dépendante de l’extérieur et est soumise à la politique sécuritaire israélienne. De nombreux Palestiniens tiennent le Premier ministre Salam Fayyad pour responsable de cette crise économique et entendent bien faire pression pour faire tomber son gouvernement.»

Le politologue palestinien Khaled Abu Aker lui déclarait alors:

«Nous espérions un boom de l’économie, une situation politique plus stable, mais rien ne s’est passé. Nous n’avons pas de partenaire pour la paix, l’économie est défaillante et les colonies israéliennes fleurissent. La stratégie de l’Autorité palestinienne a complètement échoué. C’est une catastrophe. Les Palestiniens sont frustrés et ne font plus confiance au système politique actuel.»

Une déception qui apparaissait d'autant plus criante quand on se rappelle du portrait qui était fait de Salam Fayyad quelque mois auparavant, au temps de la réussite économique. Comme le rappelait également Kristell Bernaud en mai 2011, Salam Fayyad avait pris les rênes du pouvoir en Cisjordanie en 2007, encore peu connu du grand public, après la chute du dernier gouvernement d'unité nationale entre le Hamas et le Fatah. A partir de ce moment-là, il n'avait eu de cesse d'oeuvrer pour poser les bases d'un futur Etat palestinien. En 2009, il avait publié le «plan Fayyad», un programme qui visait à établir des structures économiques et institutionnelles.

Mais depuis, c'est la disette économique qui a frappé l'Autorité palestinienne. Comme l'expliquait Hélène Jaffiol dans Slate.fr en juin 2012, les caisses de l'Autorité palestinienne sont vides, notamment parce que les aides des bailleurs de fond internationaux, et en particulier du Golfe, sont en chute libre.

Cécile Chalancon
Cécile Chalancon (99 articles)
Editrice à Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte