Tech & internet / Monde

L'Iran développe un Google Earth national

Temps de lecture : 2 min

Et le pays s'enfonce une nouvelle fois dans la censure d'Internet.

Capture d'écran de Google Earth
Capture d'écran de Google Earth

«Google Earth fourni un service aux internautes, mais en réalité, les services de sécurité et d’espionnage s’en servent pour obtenir des renseignements sur les autres pays.» Voilà comment le ministre iranien de la Communication et des technologies d’information, Mohammad Hassan Nami, a présenté l'idée de créér BASIR –«spectateur» en persan–, un système de cartographie 3D en ligne, équivalent de Google Earth, qui devrait être prêt à l’utilisation «dans les quatre mois qui arrivent».

L'Iran a déjà bloqué Google Reader et remplacé YouTube par son propre site de vidéos, Mehr.

Interrogé par The Guardian, un expert dans les technologies d’information qui a travaillé sur ce projet dans le passé, reste très perplexe face à l’ampleur du projet et les moyens dont l’Iran dispose pour le mettre en place.

«C’est un projet de trois ans sans modèle économique, seulement pris en charge par les fonds du gouvernement. Des broutilles, en clair, pour se munir d’un data center avec de telles capacités, des garanties de sécurité, des centrales électriques, des programmes performants, de la bande passante... Tout ça va coûter des milliards de dollars d’investissement qui ne collent pas avec la politique économique iranienne.»

Ce que le ministre Nami définit comme un «Google Earth islamique» serait accessible en Iran mais aussi depuis les pays extérieurs. La volonté du gouvernement iranien est simple: il faut se défaire des programmes proposés et développés par les pays occidentaux.

Esmail Ahmadi Moghaddam, le chef de la Police iranienne, décrivait lui aussi les services proposés par Google comme un «outil d’espionnage».

Ce Google Earth iranien, déjà évoqué en 2011, est piloté par Nami, le ministre de la Communication nommé en février dernier. L’homme, diplômé en géopolitique, a aussi étudié en Corée du Nord où il aurait validé un doctorat en «country management» à l’université Kim II-sung.

Il est également chargé de coordonner le projet d’intranet national en Iran, lancé en septembre 2012. Le réseau relie aujourd’hui toutes les institutions du pays. Le second pan du programme de contrôle iranien était de filtrer l’accès à certains prestataires de services, comme Google.

Gmail et Google Earth, du fait de leur dangerosité potentielle, ont été les plus touchés par le filtrage opéré par les services de sécurité iraniens. Au total, cinq millions de sites Internet seraient bloqués et hors d’accès en Iran.

Pour comprendre comment fonctionne la censure de l'Internet en Iran, une infographie complète détaillait la hiérarchie et les divisions chargées de contrôler les accès aux flux et aux contenus en ligne.

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