Des coupures dans des câbles sous-marins ralentissent Internet dans plusieurs pays

Capture d'écran de submarine cable maps, de Telegeography

Capture d'écran de submarine cable maps, de Telegeography

En coupant un câble internet sous-marin, des plongeurs ont affecté l'accès à Internet d'habitants de plusieurs pays. Les garde-côtes égyptiens ont arrêté trois plongeurs ce mercredi 27 mars, alors qu'ils s'attaquaient au câble SeaMeWe-4, un large câble qui part de Marseille pour finir à Singapour, en passant par l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte, le Pakistan et l'Inde, le Bangladesh et la Malaisie, comme le montre cette carte interactive de Telegeography:

Les garde-côtes avaient été prévenus par Telecom Egypt d'une coupure dans le câble en question, au large d'Alexandrie, affectant le bon accès à Internet. Les plongeurs ont affirmé avoir coupé le câble par erreur, a déclaré le directeur de la sécurité d'Alexandrie, et dit «qu'ils cherchaient des restes d'épaves au large de la plage d'Alexandrie pour les revendre, et que pendant leurs recherches, ils avaient tenté de prendre le câble, ce qui a provoqué sa rupture». Ni l'armée, ni les opérateurs n'ont confirmé que les problèmes de SeaMeWe-4 étaient dus aux plongeurs, mais quoi qu'il en soit le câble endommagé a causé des problèmes pour les internautes. 

D'autant que d'autres opérateurs télécom ont rapporté des problèmes sur d'autres câbles autour de l'Egypte depuis le 22 mars.

Comme le note The Guardian, SeaMeWe-4 est l'un des huit câbles sous-marin entre l'Europe et l'Egypte, donc son endommagement ne suffit pas à détruire immédiatement toute connexion. Mais le temps que les opérateurs se rabattent sur d'autres câbles, l'accès à Internet est affecté, d'autant que ces chemins de secours des flux n'étaient pas toujours près pour la charge, affirme Renesys, une entreprise qui monitore l'état d'Internet et publie des images montrant l'impact de la coupure dans plusieurs pays.

Le Pakistan est l'un des plus touchés, notamment parce que le pays venait déjà de perdre un autre câble sous-marin majeur. Des médias nationaux ont rapporté une baisse de vitesse de 60%.

99% du trafic Internet intercontinental est assuré par des câbles sous-marins, explique The Guardian. D'habitude, rapportait l'opérateur SEACOM le 23 mars à la suite de problèmes avec ses câbles, ce genre de coupure est souvent causé par les ancres de gros bateaux. C'est ce qui s'était passé en 2008, quand un câble avait été endommagé entre l'Italie et l'Egypte, affectant jusqu'à 70% du trafic Internet et téléphonique entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie.

Ce genre de soucis a un impact bien plus fort sur l'Internet mondial que les attaques DDoS de deux sites néerlandais dont on vous parlait jeudi, a précisé Renesys au Guardian.