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Chypre: les allusions au passé nazi de l'Allemagne se multiplient

Temps de lecture : 2 min

Une déposante russe de la Banque populaire chypriote avec une pancarte "nous ne serons pas les esclaves de l'Allemagne" devant le parlement à Nicosie le 21 mars 2013, REUTERS/Yannis Behrakis
Une déposante russe de la Banque populaire chypriote avec une pancarte "nous ne serons pas les esclaves de l'Allemagne" devant le parlement à Nicosie le 21 mars 2013, REUTERS/Yannis Behrakis

Après les Grecs, c'est maintenant au tour des Chypriotes de se lancer dans l'anti-germanisme primaire en multipliant les allusions au passé nazi de l'Allemagne, comme en témoignent les nombreuses pancartes représentant Merkel grimée en Hitler qu'on a pu voir brandies dans les manifestations qui ont secoué l'île ces derniers jours.

En exigeant que les épargnants chypriotes renoncent à une partie de leurs économies pour éviter une banqueroute, la chancelière allemande s'est mis la population à dos, comme le montre un reportage consacré à cette nouvelle poussée de german bashing publié dans le quotidien économique Handelsblatt, qui rapporte par exemple les propos lancés par une manifestante:

«Nous sommes au milieu de la quatrième guerre mondiale que l'Allemagne a déclenché. Toute l'Europe va se révolter contre cette injustice qui nous accable. Nous ne voulons pas devenir les esclaves des Allemands.»

Certains Chypriotes interviewés par Handelsblatt menacent même de boycotter les produits allemands, comme ce chauffeur de taxi:

«Ce qu'Hilter a fait par la force des armes, Merkel et Schäuble [le ministre des Finances allemand, NDLR] essayent cette fois-ci de le faire en détruisant notre économie et nos emplois. Nous n'achetons plus de produits allemands, et de Mercedes non plus.»

Cette flambée d'anti-germanisme énerve le tabloïd Bildzeitung, qui titre «Toujours sur les Allemands!», en rappelant que c'est pourtant ces derniers qui donnent le plus d'argent pour sauver les pays du Sud de l'Europe de la faillite:

«Le fond de sauvetage européen doit entre autres mettre une aide de 10 milliards d'euros à disposition, dont la part considérable de 27% est assurée en fin de compte par le contribuable allemand.»

Pessimiste, la journaliste Martina Fietz, correspondante en chef à Berlin du magazine Focus, voit dans cette attitude le signe criant d'un affaiblissement de l'unité européenne:

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«Ce processus montre – une fois de plus – que l'Europe a vécu dans l'illusion d'une communauté durant la dernière décennie. À l'origine il y avait cette idée que les peuples des différents continents ne devaient plus jamais se faire la guerre. La génération qui a connu les horreurs du siècle dernier l'a compris. Mais plus la paix dure longtemps, plus l'idée d'une Europe en guerre devient inconcevable, si bien que cet argument seul ne suffit plus à rassembler. »

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