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Excuses d'Israël à la Turquie: la belle victoire diplomatique d'Obama

Daniel Politi, mis à jour le 24.03.2013 à 10 h 21

Barack Obama, le 21 janvier 2013, à Washington. REUTERS/Kevin Lamarque

Barack Obama, le 21 janvier 2013, à Washington. REUTERS/Kevin Lamarque

Barack Obama s’est rendu en Israël sans nouvelle proposition. De nombreux observateurs ont critiqué sa visite, estimant qu’il n’avait aucune bonne raison de s’y rendre. Mais le président Américain n’est pas reparti les mains vides.

Obama et son équipe devaient être plutôt satisfaits quand ils se sont rendus en Jordanie après avoir réalisé ce que CNN qualifie de «coup diplomatique». Lors d’un rendez-vous avec Obama à l’aéroport, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a appelé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et s’est excusé pour le meurtre la mort de huit citoyens turcs et d’un binational américain qui faisaient partie d’une flottille en route vers Gaza.

La Turquie réclamait des excuses depuis longtemps, et le geste a instantanément détendu les relations qui étaient devenues difficiles entre les deux pays, deux alliés vitaux des Etats-Unis au Moyen-Orient. Obama poussait Netanyahou à s’excuser depuis mai 2010, quand les commandos israéliens ont pris d’assaut le bateau humanitaire pour empêcher la flottille d’atteindre Gaza.

Mais tout le crédit ne revient pas aux talents diplomatiques d’Obama. Le Washington Post souligne que les responsables israéliens affirment que la dégradation de la situation dans la Syrie voisine a joué dans la décision. «C’était le bon moment pour que cette conversation ait lieu» a déclaré Obama.

Le quotidien israélien Haaretz souligne que s’il est vrai que c’est la «détérioration sérieuse de la crise syrienne» qui a poussé Israël et la Turquie à mettre leurs différences de côté, ce n’était pas la seule raison. Les deux pays portent également le même intérêt à l’Iran, et les encouragements d’Obama ont joué un rôle central. Si Israël assure que les excuses ne sont pas dues à la pression américaine, cette affirmation «est au mieux imprécise» selon le journal israélien.

En considérant qu’Obama avait placé la barre très bas pour ce voyage de trois jours, «il peut facilement proclamer que la mission est réussie: il a séduit des Israéliens sceptiques, calmé leurs craintes quant à l’Iran et montré aux Palestiniens qu’il n’avait pas oublié leurs aspirations» écrit Reuters.

Daniel Politi

Traduit par Grégoire Fleurot

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