Tech & internet / Monde

Fermeture de Google Reader: un outil de moins pour échapper à la censure en Iran

Temps de lecture : 2 min

Si l'annonce de la mort de Google Reader peut être vue comme une bonne nouvelle pour le futur du marché des flux RSS, débarrassé du gorille Google, ce n'en est certainement pas une pour les internautes iraniens.

Un utilisateur iranien de Google Reader s'en inquiétait ce jeudi 14 mars:

Comme l'explique Zach Seward sur Quartz, les lecteurs RSS servent d'outil anti-censure aux gens qui habitent dans des pays au régime oppressif. Dans le cas de Google Reader, les serveurs de Google –situés aux Etats-Unis ou dans d'autres pays sans censure d'Internet– ont accès à chaque flux d'information, ce qui permet aux utilisateurs iraniens de se connecter sur des sites qui leur sont normalement bloqués.

Il leur suffit pour cela d'avoir accès à Google Reader, qui est beaucoup moins facilement blocable que YouTube par exemple: pour bloquer la plateforme vidéos, il «suffit» de bloquer le site en question, explique Zach Seward. Mais comme Google Reader est accessible via le nom de domaine général de Google (google.com/reader), le régime iranien doit parvenir à bloquer l'accès à tout Google et ses autres services –y compris son moteur de recherche– pour bloquer l'accès à son lecteur RSS. Jillian C. York de l'Electronic Frontier Foundation –une organisation qui lutte pour un Internet libre et non censuré– note qu'il n'est en fait pas difficile pour l'Iran de bloquer GR sans bloquer le reste de Google, même si ses censeurs «peuvent se planter».

Le gouvernement iranien a déjà dans le passé empêché l'accès à d'autres services de Google, y compris récemment en septembre 2012: Gmail avait alors été inaccessible pendant plusieurs jours, mais le régime avait assuré que c'était une erreur et qu'il voulait «seulement» empêcher l'accès à YouTube... Reste à savoir si l'Iran essayera de bloquer la totalité des services de Google dans sa quête d'un Internet «halal».

En 2011, quand Google avait modifié les options de son lecteur de flux RSS (qui permettait auparavant de partager facilement des informations), un blogueur iranien expliquait:

«Dans un pays où les sites sociaux comme Twitter, Facebook, Friendfeed, et les sites de partage d'images et de vidéos comme YouTube, Tumblr, Flickr, Picassa et bien d'autres sont interdits, Google Reader agit comme un site social. Et comme on manque de sites d'informations indépendants [...] Google Reader agit comme un site de partage d'informations.»

A l'époque, comme aujourd'hui, Google Reader était le site le plus populaire du pays (alors même que nombre de ses utilisateurs iraniens utilisent des proxys, et que leurs visites ne sont donc pas comptabilisées comme venant d'Iran).

Cécile Dehesdin Rédactrice en chef adjointe

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